Jeudi 14 novembre 2019 | Dernière mise à jour 07:20

Politique Les syndicats veulent le salaire minimum à Genève

Une initiative soutenue par les partis de gauche sera déposée symboliquement le 1er mai. Elle demandera un salaire minimum de 4000 francs.

Alessandro Pelizzari, président de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), se dit prêt à récolter les 5227 signatures nécessaires.

Alessandro Pelizzari, président de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), se dit prêt à récolter les 5227 signatures nécessaires. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) a annoncé lundi le lancement d'une initiative cantonale législative pour un salaire minimum. Le plancher serait fixé à 23 francs l'heure. Les syndicats sont soutenus par les partis de gauche.

«Nous nous donnons jusqu'à la fin du mois pour récolter les 5227 signatures nécessaires», a fait savoir devant les médias le président de la CGAS Alessandro Pelizzari. Le dépôt de l'initiative est prévu pour le 1er mai. Les syndicats se sont largement inspirés de la loi neuchâteloise pour élaborer leur texte.

Le salaire minimum y est calculé sur la base des revenus des prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI. A Neuchâtel, on arrive à 20 francs de l'heure. A Genève, le barème passe à 23 francs de l'heure. Ce mécanisme vient d'être validé par le Tribunal fédéral (TF), a précisé Davide De Filippo, syndicaliste au SIT.

A Genève, l'instauration d'un salaire minimum d'un peu plus de 4000 francs par mois est un instrument qui permettrait d'agir contre les causes de la pauvreté, selon les initiants. Environ 30'000 personnes, soit un dixième des salariés, verraient leur salaire augmenter, parfois significativement, dont une majorité de femmes.

Report sur les contribuables

Aujourd'hui, ces personnes qui touchent parfois un salaire mensuel inférieur à 3500 francs, dépendent d'aides sociales pour pouvoir se loger et payer leur assurance-maladie. Il existe un report de ces salaires insuffisants sur les dépenses publiques, a fait remarquer M. De Filippo.

Aux yeux du syndicaliste, la mise en place d'un salaire minimum ne peut être que positive. Le système pousserait l'ensemble des salaires vers le haut pour maintenir un différentiel de rémunération entre le personnel qualifié et le personnel non qualifié. Il relancerait la consommation par l'augmentation du pouvoir d'achat.

Le salaire minimum permettrait aussi d'atténuer l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes. Ce projet a en outre l'avantage de mettre la responsabilité des bas salaires sur le patronat et non d'accuser les étrangers ou les travailleurs frontaliers d'en être à l'origine, a noté M. De Filippo.

«Nous lançons cette initiative pour la gagner», a déclaré M. Pelizzari. L'objectif est d'améliorer les conditions de vie de dizaines de milliers de salariés à Genève. Outre Neuchâtel, le canton du Jura a aussi imposé un salaire minimum et le Tessin devrait bientôt avoir le sien. (ats/nxp)

Créé: 09.04.2018, 13h48

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.