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Caviargate Tentative de corruption de politiciens suisses

L'Azerbaïdjan aurait essayé d'influencer des Suisses membres du Conseil de l'Europe pour qu'ils votent en sa faveur. Bakou est fortement soupçonné dans un rapport de corruption.

Dick Marty a lui aussi fait l'objet de tentative de corruption.

Dick Marty a lui aussi fait l'objet de tentative de corruption. Image: Keystone

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Plusieurs élus ou anciens élus de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) font actuellement l'objet d'un «fort soupçon» de corruption. Ils auraient bénéficié de largesses des autorités azerbaïdjanaises en échange de leur mansuétude à l'égard du régime, selon un volumineux rapport paru dimanche. Des politiciens suisses ont également été «approchés» dans cette affaire dite du «Caviargate», révèle mardi le Blick.

L'ancien sénateur et procureur général du Tessin Dick Marty fait partie de ceux cités dans le rapport. Il y a indiqué avoir subi lui aussi une tentative de corruption alors qu'il était membre du Conseil de l'Europe. Il raconte ainsi que quelqu'un a sonné à la porte de sa chambre durant la nuit dans un hôtel de Bakou en Azerbaïdjan. Il a constaté à travers le judas qu'il s'agissait de deux femmes à peine vêtues et apportant du champagne. Et n'a pas ouvert, a-t-il affirmé.

La conseillère nationale PLR Doris Fiala, actuellement membre de la Délégation parlementaire suisse au Conseil de l'Europe, raconte elle aussi avoir été approchée. Elle indique ainsi avoir reçu une chaîne en or avec des pierres précieuses avant d'aussitôt la renvoyer.

Pour rappel, la Délégation a demandé en janvier 2017 déjà au Bureau de l’assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qu’une enquête soit rapidement confiée à des experts indépendants pour faire toute la lumière sur les soupçons de corruption qui agitaient les rangs de l’assemblée.

Un proche de Merkel

Un an après avoir été mandatés par l'APCE pour faire la lumière sur cette affaire dite du «Caviargate» ou de la «diplomatie du caviar», les experts se sont dits dimanche convaincus qu'il existe «un fort soupçon que certains membres actuels et anciens de l'APCE s'étaient livrés à des activités corruptrices en faveur de l'Azerbaïdjan».

Issus de parlements nationaux des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, ils sont soupçonnés d'avoir été «achetés» par les autorités de l'Azerbaïdjan en échange notamment de leur vote, en janvier 2013, contre un rapport dénonçant la situation des prisonniers politiques dans cette ex-république soviétique. Certains élus se seraient vu offrir du caviar, des tapis et des nuits dans des hôtels de luxe de Bakou mais auraient surtout été grassement rémunérés pour des «activités de lobbying» au profit du régime.

Parmi ces parlementaires, figure Eduard Lintner, un ancien élu allemand de la CSU, l'allié bavarois de la CDU de la chancelière Angela Merkel, qui a reçu quelque 800'000 euros via des sociétés écrans. Le rapport pointe aussi l'ancien président de l'APCE, l'Espagnol Pedro Agramunt, qui avait démissionné en octobre 2017, poussé vers la sortie par les soupçons qui pesaient déjà sur lui. Il y aurait plusieurs «éléments» prouvant qu'il a joué un «rôle déterminant» dans l'adoption de décisions de l'APCE «favorables à l'Azerbaïdjan».

Parmi les autres figures centrales de cette affaire, apparaît le parlementaire italien de droite Luca Volontè, qui fait l'objet depuis fin 2016 d'une procédure judiciaire dans son pays pour blanchiment d'argent. Il était alors soupçonné d'avoir accepté près de 2,4 millions d'euros de la part de Bakou. Selon les enquêteurs mandatés par l'APCE, Luca Volontè «a joué un rôle important dans le travail de sape» visant à rejeter le rapport de 2013 sur les prisonniers politiques azerbaïdjanais. Lui aussi aurait reçu de nombreux versements «en provenance d'Azerbaïdjan par l'intermédiaire de sociétés-écrans britanniques».

Créé: 24.04.2018, 10h56

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