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Procès de l'amiante Thomas Schmidheiny mis en examen

La justice italienne a mis en examen Thomas Schmidheiny, le frère de Stefan Schmidheiny, dans le cadre d'une enquête concernant les victimes italiennes de l'amiante ayant travaillé en Suisse.

Des membres de la famille des victimes de l'amiante, décédées dans des usines du groupe Eternit.

Des membres de la famille des victimes de l'amiante, décédées dans des usines du groupe Eternit. Image: Keystone

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La justice italienne poursuit ses investigations sur les cas de décès de travailleurs italiens dans les deux usines suisses du groupe Eternit. Pour préparer ce procès, le procureur veut notamment établir s'il existe une similitude entre les conditions de travail dans les établissements italiens et suisses.

«Nous sommes en train de recueillir des informations auprès des ex-travailleurs et de leurs proches, afin de rétablir la vérité à partir de ces témoignages», a indiqué fin juin le procureur de Turin Raffaele Guariniello dans une interview au journal syndical italophone «AREA», relayée mercredi par son équivalent francophone «L'Evénement syndical».

L'enquête, qui porte sur près de 200 décès de travailleurs des usines de Niederurnen (GL) et de Payerne (VD), «suit son cours», selon Raffaele Guariniello. Elle vise aussi Thomas Schmidheiny «pour la brève période où il a dirigé Eternit Suisse», précise-t-il. «Quand tous les cas seront connus, il deviendra possible de déterminer la responsabilité de chacun des deux frères», conclut-il.

Prescription en Suisse

Le 1er mai, le coordinateur de l'Association des familles des victimes de l'amiante Bruno Pesce révélait la tenue prochaine à Turin d'un nouveau procès pour homicide volontaire contre le groupe Eternit. Celui-ci est accusé de ne pas avoir protégé ses employés italiens travaillant en Suisse contre les risques provoqués par le contact avec l'amiante.

La justice ne s'était jusqu'alors pas penchée sur les usines d'Eternit en Suisse, où les actes sont prescrits. Dans une décision rendue en août 2008, le Tribunal fédéral a rejeté définitivement la plainte des familles de deux employés d'Eternit et d'un habitant de Niederurnen, tous trois décédés. La plainte concernait entre autres Thomas et Stefan Schmidheiny.

L'enquête est toutefois possible pour les citoyens italiens ayant travaillé en Suisse, car en Italie l'homicide intervient au décès de la victime et non lors des faits incriminés, comme en Suisse, précise le procureur de Turin, qui avait déjà représenté l'accusation lors du premier procès.

Recours déposé

Dans le cadre d'un premier procès concernant le groupe italien Eternit S.p.A. Gênes, Stefan Schmidheiny et son associé, le baron belge Jean-Louis de Cartier, ont été condamnés le 13 février à 16 ans de réclusion pour la mort d'environ 2000 employés des usines de la société transalpine. Le tribunal avait exclu Eternit Suisse du procès contre son homologue italien.

Le parquet de Turin et les deux industriels ont fait appel. Les avocats de Stefan Schmidheiny ont assuré que leur client n'a jamais eu aucune responsabilité dans la société transalpine et qu'il n'en a été qu'actionnaire. (ats/nxp)

Créé: 25.07.2012, 17h37

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