Vendredi 19 octobre 2018 | Dernière mise à jour 07:00

Editorial Les tireurs lancent un référendum qui mélange les cibles

En lançant un référendum contre la loi sur les armes, les milieux des tireurs et l'UDC visent surtout le prétendu «diktat» de l'UE qui devrait désarmer la Suisse. C'est effectivement désarmant.

Ce matin à Berne, Jean-Luc Addor (UDC/VS), Sylvia Flueckiger-Baeni (UDC/AG), Luca Filippini, président de la Fédération suisse des tireurs sportifs, Werner Salzmann (UDC/BE) et Jean-François Rime (UDC/FR) ont lancé le référendum contre la loi sur les armes votées par le Parlement.

Ce matin à Berne, Jean-Luc Addor (UDC/VS), Sylvia Flueckiger-Baeni (UDC/AG), Luca Filippini, président de la Fédération suisse des tireurs sportifs, Werner Salzmann (UDC/BE) et Jean-François Rime (UDC/FR) ont lancé le référendum contre la loi sur les armes votées par le Parlement.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Disons-le d'emblée, les tireurs suisses sont les meilleurs du monde. S'ils ne le sont pas, ce sont en tout cas des gens très respectables. Le tir est un sport noble, qui demande une grande maîtrise de soi pour mettre une balle au milieu d'une cible. La gâchette est dans l'ADN de chaque Suisse. Disons-le aussi, la loi sur les armes adoptées par le Parlement au mois de septembre n'empêchera jamais personne de pratiquer cette activité «ancestrale».

En adoptant la directive de Schengen, la Suisse a pu conserver le maintien de l'arme d'ordonnance à domicile. Certes, cette arme devra faire l'objet d'une demande de dérogation en cas de succession. Certes aussi, la détention d'armes semi-automatiques devra faire l'objet d'une demande de dérogation, en particulier celle de justifier la pratique du tir dans une société ad hoc. Enfin les détenteurs devront déclarer leurs armes dans un délai de trois ans. Il n'y a pas de quoi vider les stands de tir de Suisse centrale et du Valais. Où l'on peut donner raison aux référendaires, c'est que cette révision de loi n'était pas spécialement nécessaire en Suisse pour des raisons sécuritaires. Le Conseil fédérale l'a faite pour respecter les accords de Schengen/Dublin et les mesures antiterroristes prises par l'UE après les attentats de Paris. Le monde étant ce qu'il est, la volonté de contrôler les armes est aujourd'hui politiquement inévitable et légitime. Même si souvent dans les faits, ce sont des armes illégales qui tuent les gens.

En réalité, la véritable cible des référendaires est l'Union européenne. D'ailleurs le titre de leur référendum est révélateur: «Non au diktat de l'UE qui nous désarme». L'unique présence d'élus UDC ce matin à Berne pour son lancement n'est pas un hasard. On sent l'envie d'en découdre contre l'UE. En tête, le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) attaque cette loi avec une formidable rafale d'adjectifs: «liberticide, inique, inutile, dangereuse et antisuisse". C'est effectivement désarmant.

Pourtant, sur ce coup, on peut dire que la Suisse n'a pas subi un «diktat», mais qu'elle est allée négocier ses particularités. En plus, les chasseurs de ce pays n'auront pas besoin de passer des tests psychologiques, comme il avait été dit à un moment donné. Ce qui avait suscité un tollé monstre qui a fait long feu. (Le Matin)

Créé: 05.10.2018, 13h54

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.