Mercredi 22 novembre 2017 | Dernière mise à jour 02:17

Réseaux sociaux Torrent d'insultes pour Ada Marra

A l’occasion du 1er Août, l'élue vaudoise a posté sur Facebook un message arguant que «LA Suisse» n’existait pas. Elle a reçu en retour une déferlante d’injures.

«Je n'ai rien dit d'offensant, au contraire. Mon message était très positif à l'égard de la Suisse» Ada Marra, conseillère nationale (PS/VD)

«Je n'ai rien dit d'offensant, au contraire. Mon message était très positif à l'égard de la Suisse» Ada Marra, conseillère nationale (PS/VD) Image: Laurent Crottet/LMS

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«LA Suisse n’existe pas. Ce sont les gens qui y habitent qui existent. Avec des idées et des opinions différentes. Avec des combats et des orientations différentes. Avec des priorités et des soucis différents (…)» A la veille de la fête nationale, les quelques lignes postées sur Facebook par la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD) ont déclenché un déluge de critiques, d’injures et de menaces: «Ada merda», «débile d’immigrée», «va jouer sur l’autoroute». Plus de 700 commentaires hier après-midi, provenant de patriotes outrés par la première phrase de l’intervention de la parlementaire.

Sexisme et racisme

«Mes propos ont été intentionnellement mal interprétés: je ne nie pas l’existence de notre pays, mais remets en question la réalité d’une entité culturelle unique, explique Ada Marra. Il n’existe ainsi à mon sens pas une Suisse, mais des Suisses.» La formule n’est d’ailleurs pas nouvelle, puisque l’écrivain vaudois Charles Ferdinand Ramuz avait, en 1937 déjà, évoqué la Suisse comme «un pays qui n’existe pas.»

Mais lui n’a pas été taxé de traître à la nation. «Je pense qu’il y a une part de sexisme et de racisme dans cette déferlante de haine, pointe Ada Marra. Quand vous êtes une femme et en plus fille d’étranger, on vous agresse plus facilement.» Mais ce ne sont pas les insultes et les appels à la mener au bûcher qui ont le plus touché la socialiste. «Certains m’ont dit partager le fond de ma pensée, mais trouver la formule maladroite, ou provocante. Je ne suis pas du tout d’accord, s’insurge la politicienne. Si l’on ne peut plus exprimer l’idée d’une Suisse plurielle sans se faire lyncher, c’est qu’il y a vraiment un problème au niveau de la liberté d’expression!»

Pour le spécialiste des stratégies numériques et des réseaux sociaux, Stéphane Koch, l’ampleur de la réaction n’a rien de surprenant. «Certains mouvements radicaux, de mouvance nationaliste ou de défense animale par exemple, se mobilisent de manière très efficace sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas d’une campagne organisée, mais le message est relayé et copié rapidement sur de nombreux sites et pages qui partagent la même idéologie, ce qui entraîne un effet boule de neige.» En plus de ce mécanisme, qui donne un écho important aux attaques provenant d’une minorité, l’expert souligne que, de manière générale, la haine circule plus vite que les réflexions constructives.

Mais que faire lorsque son compte Facebook est pris dans une telle tempête? En ce qui concerne les commentaires contenant des injures, des menaces ou des incitations à la violence, Ada Marra n’exclut pas de porter plainte, mais précise que «cela fera l’objet d’une discussion au sein du parti». En attendant, la conseillère nationale a passé une journée à répondre aux attaques et à bloquer les auteurs des insultes, alors que les commentaires continuent d’affluer. «Impossible de continuer à ce rythme, mon mandat n’est pas de faire la police sur les réseaux sociaux.»

La parlementaire envisage dès lors, à regret, de désormais bloquer les commentaires de son compte Facebook. (Le Matin)

Créé: 02.08.2017, 06h47


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