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Sécurité routière Toujours plus de Suisses conduisent drogués

Des milliers de chauffeurs roulent sous l'emprise de la drogue. Leur nombre a presque doublé en 4 ans. La police est inquiète.

La police retire tous les jours des permis pour conduite sous l'emprise de la drogue.

La police retire tous les jours des permis pour conduite sous l'emprise de la drogue. Image: Keystone

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Les spécialistes de la sécurité routière sont inquiets. En effet, toujours plus d'automobilistes en Suisse roulent sous l'emprise de la drogue. Selon le TCS, le nombre de retraits de permis est passé de 2800 à 4600 entre 2012 et 2018. Un phénomène que constate aussi la CCPCS, la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse. «On doit effectuer des retraits de permis bientôt tous les jours en Suisse», soupire son président Damian Meier, dans «20 Minuten» mercredi.

Selon lui, les conducteurs drogués se distinguent par des yeux rougis, des pupilles dilatées ou dégagent une légère odeur sucrée, typique du cannabis. Souvent, ils sont avachis derrière leur volant, présentent des signes de défaillance ou ne sont pas capables de marcher droit. Certains rencontrent aussi de gros problèmes de coordination dans leurs mouvements et parviennent à peine à sortir de leur voiture, explique-t-il.

150 accidents graves par an

Le bureau de prévention des accidents (BPA) fait le même constat. «Environ 150 accidents graves par an sont dus à la consommation de drogues ou de médicaments», explique son porte-parole Marc Kipfer. Et ce ne serait que la pointe de l'iceberg selon lui puisque nombre de conducteurs drogués n'ont jamais été ou ne seront jamais pincés.

Comment expliquer ce phénomène? Selon les spécialistes interrogés par «20 Minuten», la consommation de drogues est bien plus répandue qu'avant. Et elles sont devenues très populaires dans les fêtes. Les amphétamines comme le Speed ou la cocaïne seraient même devenues banales. Comme ils stimulent et tiennent les fêtards éveillés, certains estiment qu'ils peuvent du coup conduire sans problème en compensant par un surcroît d'attention. Hic: les réactions des personnes défoncées sont retardées et leur perception de la route est faussée.

Appel à plus de prévention

Du coup, la CCPCS appelle à une meilleure prévention. «Elle est nécessaire à un stade précoce», estime Damian Meier. «Nous devons donc sensibiliser les jeunes à toutes les conséquences de la consommation de drogues». Le problème est que comme les drogues sont interdites, il est difficile de lancer une campagne classique.

La prévention pourrait dès lors prendre la forme d'affichettes dans les toilettes des clubs par exemple. Les flyers expliqueraient les dangers encourus et rappelleraient que d'être pincé au volant sous l'influence de la drogue est passible de lourdes amendes, de longs retraits de permis et autres petits désagréments.

Créé: 03.04.2019, 19h51

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