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Transports Trains en Suisse: «Nous sommes des enfants gâtés»

En pleine grève de la SNCF, le modèle helvétique est cité en exemple. Pourtant, les Suisses, eux, ne sont toujours pas satisfaits.

édito

Il paraît que les CFF sont les meilleurs

«Rooh, non! Pff… Encore?» Les yeux qui se lèvent au ciel, un long soupir et l’énervement qui nous envahit. C’est une catastrophe: notre train aura six minutes de retard! Une réaction qui peut sembler un poil excessive. Mais ne nous blâmons pas trop vite, après tout, nous sommes juste humains.

Malgré tout, les prestations des CFF sont jugées insuffisantes,
selon un sondage publié cette semaine par le magazine alémanique K-Tipp. Les prix trop élevés et la propreté des toilettes sont notamment pointés du doigt par les personnes interrogées. Des reproches, avec l’éternel débat sur les retards, qu’on retrouve aussi fréquemment au Café du Commerce ou sur son équivalent numérique, la page Facebook des CFF.

«Les Helvètes aiment leurs trains», déclarait pourtant ce dimanche un syndicaliste de la Deutsche Bahn dans une interview pour le journal Marianne, louant notre système et invitant la France à s’en inspirer. Car oui, depuis des décennies, la Suisse squatte la première place de tous les classements dans le domaine.

À force, nous nous sommes habitués à la perfection. Le moindre retard, la moindre contrariété prend donc une ampleur considérable. Et si certains griefs sont totalement justifiés, peut-être devrions-nous nous rappeler plus souvent que, derrière les trains et les bus dont nous aimons tant nous plaindre, il y a des hommes et des femmes qui se démènent chaque jour pour nous acheminer d’un bout à l’autre du pays. Alors ne les blâmons pas trop vite, après tout, ils sont juste humains.

Fabien Feissli
fabien.feissli@lematin.ch

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Depuis début avril, les cheminots français sont en grève. La raison? Le gouvernement français veut réformer la SNCF en s’inspirant de ce qui se fait en Allemagne. Le journal hexagonal Marianne est donc allé demander au président du syndicat de la Deutsche Bahn si c’était une bonne idée. La réponse est sans détour: non, il vaudrait mieux s’inspirer du modèle suisse.

«Les citoyens helvètes aiment leurs trains parce que ces derniers les acheminent en toute sécurité, sans encombre, ponctuellement du point A au point B de leur choix», assure le syndicaliste. Densité du réseau, nombre d’utilisateurs, ponctualité, il est vrai que la Confédération monopolise depuis des années les premières places de tous les classements européens et mondiaux concernant les transports publics. «Nous avons la chance d’avoir un système qui n’a pas vraiment d’équivalent, mis à part au Japon, et qui est envié à l’étranger», se félicite Bruno Galliker, porte-parole de l’Union des transports publics (UTP).

Le pays qui investit le plus

Son homologue de l’Office fédéral des transports, Gregor Saladin, explique: «Depuis 1987, le peuple suisse a montré plusieurs fois, au travers de votations, sa volonté de promouvoir les transports publics. Nous sommes le pays qui investit le plus par habitant dans le domaine.» Au rang des points forts, il pointe également l’horaire cadencé, qui fait partir les trains à la même minute à chaque heure, introduit en 1982. Un système qui fait le bonheur de la Suisse mais qu’il n’est pas forcément aisé de transposer à l’étranger, selon Yves Delacrétaz, spécialiste de la mobilité à la HEIG-VD. «Cela s’adapte bien à un petit territoire densément peuplé comme le nôtre. Mais le contexte est différent en France, où il faut également compter avec la concurrence de l’avion.»

À l’inverse, il incite la Suisse à s’inspirer de ce qu’il se fait ailleurs. «Des modèles de tarifications plus flexibles avec une facturation à la fin du mois en fonction de l’utilisation se développent à travers le monde. Nous, nous sommes en retard sur le sujet», déplore-t-il. Bruno Galliker précise que des systèmes de ce type sont actuellement à l’étude chez nous. «Nous n’avons pas la prétention de dire que nous sommes les meilleurs partout. Il y a toujours des faiblesses à améliorer.»

Des faiblesses dont les Suisses ne manquent pas de se plaindre. Selon un sondage publié cette semaine dans le magazine alémanique K-Tipp, les Helvètes interrogés jugent insuffisantes – 3,85 sur 6 – les prestations des CFF. La propreté des toilettes et les prix sont particulièrement pointés du doigt. S’il reconnaît que les trains sont un peu moins à l’heure que par le passé, notamment à cause d’un trafic en hausse constante, Yves Delacrétaz invite ses concitoyens à relativiser leurs plaintes. «Nous sommes un peu des enfants gâtés. Il ne faut pas jeter la pierre aux CFF et aux autres compagnies qui font des prodiges chaque jour.»

Présidente d’ACIDUS, l’Association citoyenne pour la défense des usagers du service public, Andrea Eggli voit au contraire les critiques d’un œil positif. «Si quelque chose ne va pas, il faut le dire, c’est comme cela que nous pourrons faire progresser le service public. Mais c’est vrai qu’il faut se concentrer sur les plaintes importantes.» Gregor Saladin préfère, lui, se montrer philosophe. «L’exigence des utilisateurs est un excellent moteur pour rester les meilleurs.» (Le Matin)

Créé: 11.04.2018, 06h53


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