Lundi 24 septembre 2018 | Dernière mise à jour 02:09

Lausanne (VD) «Traiter quelqu'un d'escroc est inadmissible»

Ex-patron d’Ethical Coffee Compagny, Jean-Paul Gaillard est embourbé dans une affaire judiciaire qui traîne. Il risque la condamnation malgré une présidente très conciliante.

À l’arrivée au tribunal, à Lausanne, mercredi matin: Jean-Paul Gaillard (à g.) et le plaignant Jacques Colignon accompagné
de son avocate, Me Huot. (Photomontage)

À l’arrivée au tribunal, à Lausanne, mercredi matin: Jean-Paul Gaillard (à g.) et le plaignant Jacques Colignon accompagné de son avocate, Me Huot. (Photomontage) Image: Jean-Guy Python

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«Cela fait 10 ans que ça dure et ça ne vous apporte rien de positif. Il faut avancer sur un terrain d’entente.» Valérie Favre a déployé mercredi, en audience judiciaire à Lausanne, une énergie rare afin d’amener les deux parties à une conciliation.

Présidente de tribunal, elle a même, au bout de deux heures de procès, invité les avocats à sortir quelques minutes de la salle afin de se retrouver seule face au plaignant et à l’accusé, dans un huis clos qu’elle espérait profitable. Chaque partie a relevé et remercié sa ténacité pour leur éviter d’aller au bout de ce procès, pour calomnie, subsidiairement diffamation. Mais ça n’a pas suffi, car le sentiment de trahison réciproque plombe les débats.

Gestion de Pronuptia en cause

Sur le banc des accusés, le Vaudois Jean-Paul Gaillard, la soixantaine. Connu pour avoir été l’ex-patron de Nespresso et le fondateur de la société Ethical Coffee Compagny, il a aussi été, en 2002, le directeur de la société française Pronuptia de Paris, dont l’actionnaire principal est Jacques Colignon. Âgé aujourd’hui de 85 ans, ce Français est établi dans le canton de Vaud. Ensemble, ils ont ensuite lancé Pronuptia International SA à Lausanne, en 2005, active dans le commerce des robes de mariage et de soirée. Jean-Paul Gaillard en a été le patron jusqu’en été 2007, où il a dû démissionner. Il est alors accusé de gestion déloyale, ce qu’il conteste.

L’affaire est toujours en main de la justice vaudoise. Et c’est dans le cadre de cette procédure que Jean-Paul Gaillard a tenu des accusations graves contre Jacques Colignon, en janvier 2016, devant le procureur. Ce dernier le met en garde, mais il récidive en octobre 2017, traitant publiquement son ex-associé d’escroc. Il a beau avoir présenté des excuses au plaignant hier, à la demande de la présidente, la partie adverse ne croit pas en sa sincérité.

Déjà plusieurs fois condamné

Jean-Claude Gaillard risque aussi la levée d’un sursis en raison d’autres condamnations subies ces dernières années, en Suisse et en France. Dont une pour gestion déloyale aggravée, quand il dirigeait la société Norsk Viggel Group, cofondée avec le même Colignon. La juge a tout de même reporté l’audience à une date en septembre, pour que les parties laissent mûrir cette séance. Elle leur suggère de mandater un médiateur pour parvenir à un accord à l’amiable. Mais à moins d’un règlement englobant aussi l’affaire pénale de Pronuptia en cours, Me Tania Huot, avocate de Jacques Colignon, doute des chances de réussite d’une telle démarche. (Le Matin)

Créé: 14.06.2018, 09h55

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