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Détention Elle trinque avec les détenus!

Concert rock, bière, vin, pique-nique: la prison de Favra, à Genève, ressemble plus à une colonie de vacances qu’à un établissement carcéral. Sa directrice est pointée du doigt.

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Prévue pour accueillir une petite trentaine de détenus masculins, la prison de Favra, à Genève, serait-elle un lieu de villégiature pour les délinquants? Sur des images de vidéosurveillance datant de 2011 et de 2012 que «Le Matin» a visionnées, on y voit la directrice se faire baiser la main et être pratiquement enlacée par un détenu. Le couple se trouve dans une salle, avec d’autres détenus, où va se dérouler un concert d’un groupe de punk-rock. Sur leur site Internet, les musiciens se targuent de détester les politiciens, surtout ceux du MCG. Dans la pièce, se trouvent aussi des membres féminins du personnel administratif dont, selon nos informations, une mineure. Sur d’autres images, tournées dans la cour de la prison, on assiste à un pique-nique avec grillades et bières, et les détenus utilisent couteaux pointus et fourchettes en métal. Là aussi le personnel se mêle aux prisonniers en toute décontraction. D’autres clichés montrent un souper de Noël très convivial, où une douzaine de détenus entourent la directrice. Le vin rouge est servi à volonté.

Sept gardiens sur 11 en arrêt

Jusqu’à fin 2012, à Favra on incarcérait des individus, souvent récidivistes, dont certains dangereux, condamnés à des peines allant jusqu’à 3 ans de prison ferme. Dans ce genre d’établissement, les règles sont très strictes, l’alcool y est totalement proscrit tout comme le fait de mélanger détenus et personnel administratif, de surcroît féminin. Favra, devenu depuis un centre de détention administrative, ne compte actuellement que dix pensionnaires au lieu de trente, alors que sa voisine de Champ-Dollon déborde littéralement. La raison en est que, ces derniers jours, sept gardiens sur onze seraient en arrêt de travail, selon une source.

Du côté du syndicat de la gendarmerie et des gardiens de prison (UPCP), on admet avoir eu connaissance de graves dysfonctionnements dans cet établissement. «Nous enquêtons pour savoir exactement ce qu’il s’y passe, précise Christian Antonietti, président de l’UPCP. La difficulté est que peu de nos collègues de Favra sont membres de notre association.»

Contactée, la directrice de Favra, assistante sociale de formation, a fait savoir qu’elle n’était pas autorisée à répondre aux médias. Le Département de la sécurité, dirigé par Pierre Maudet, admet «avoir été informé récemment de ce dossier qui remonte à 2011». Sa porte-parole, Caroline Widmer, ajoute que le magistrat a demandé «un rapport circonstancié à la direction de l’établissement et que ce genre de pratique est désormais révolu».

La directrice de Favra est toujours à la tête de la prison. (Le Matin)

Créé: 26.03.2013, 15h59

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