Dimanche 24 juin 2018 | Dernière mise à jour 08:56

Berne Les trois élus romands qui sauvent les crèches

Le soutien de la Confédération à l’accueil extrascolaire dans les cantons a fait l’objet d’une bataille très serrée. En votant contre leur groupe, trois Romands ont sauvé le projet.

Les voix de Roger Golay (MCG/GE), de Laurent Wehrli (PLR/VD) et d'Isabelle Moret (PLR/VD) ont valu de l’or.

Les voix de Roger Golay (MCG/GE), de Laurent Wehrli (PLR/VD) et d'Isabelle Moret (PLR/VD) ont valu de l’or.

L'édito: Les villes, les crèches et le deal de rue

La votation sur les crèches a fait l’objet d’une âpre lutte au Conseil national. Ces 130 millions de francs obtenus à quelques voix près permettront de donner un coup de pouce à de nouveaux lieux d’accueil dans les cantons. Ce vote montre à quel point dans cette législature, sur les sujets de société, tout se joue souvent à de petites majorités. Ainsi, la veille, le Conseil national avait refusé par 96 à 93 d’autoriser les projets pilote pour le cannabis dans les villes. Désavouant ainsi le Conseil des États.

Finalement c’est assez logique. De l’argent pour les crèches, pas pour la drogue. En réalité, les parlementaires ont complètement raté le coche en pleine polémique sur le deal de rue. Intitulée «Études sur la remise contrôlée de cannabis», cette motion visait à donner une base légale aux villes qui veulent mieux comprendre la consommation de ce produit.

Alain Berset a rappelé qu’en Suisse 200 000 personnes consomment régulièrement du cannabis. «Malgré une interdiction stricte, le marché noir prospère.» Il a parlé d’un phénomène «souterrain, ni contrôlé ni accompagné». Voilà pourquoi les villes veulent étudier le phénomène de manière à y apporter de nouvelles réponses. Tout comme les villes ont besoin de crèches.

Mais la question de la drogue reste un tabou. Elle crispe les élus des champs qui enfoncent aussitôt leur tête dans le sable. Ces mêmes parlementaires sont bien entendu outrés par le deal de rue, mais en prenant cette décision, ils privent les villes de solutions et perpétuent malgré eux les problèmes qu’ils dénoncent.

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L’histoire des crèches a provoqué une chasse aux voix, ces derniers jours au Parlement, digne d’une élection au Conseil fédéral. De justesse, le Conseil national a accepté un crédit de 130 millions de francs sur quatre ans pour continuer le programme fédéral d’incitation à la création de crèches.

Ce vote s’annonçait serré car l’UDC et le PLR s’y opposaient. Le PDC et le PS, notamment Christine Bulliard (PDC/FR) et Mathias Reynard (PS/VS), ont travaillé jusqu’à tard lundi soir pour convaincre les derniers élus hésitants, en particulier quelques figures romandes du PLR.

Au final, chaque voix a compté, mais celles d’Isabelle Moret (PLR/VD), de Laurent Wehrli (PLR/VD) et de Roger Golay (MCG/GE) ont valu de l’or, car ils ont voté contre le mot d’ordre de leur groupe sur cette question, avec les deux représentants de la droite tessinoise alliée à l’UDC, Lorenzo Quadri (Lega/TI) et Roberta Pantani (Lega/TI).

Malgré la pression de ces derniers jours, la Vaudoise avait promis son vote et elle a tenu parole: «Je soutiens une politique à trois piliers: l’accueil extrascolaire, le congé paternité et l’augmentation de la déduction pour les frais de garde. Le congé paternité sera une avancée fabuleuse, mais il faudra encore du temps. C’est pourquoi j’ai soutenu les crèches pour une nouvelle période. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.»

Pour Laurent Wehrli, la question se posait de perpétuer ou non cette aide fédérale qui a déjà été prolongée deux fois. Le PLR, tout comme le Conseil fédéral, estime que cette aide a fait son temps et que les cantons et les communes doivent prendre le relais. Mais, pour le Montreusien, les capacités d’accueil en Suisse sont encore trop faibles et l’aide est essentielle pour renforcer la présence des femmes dans le monde du travail. Roger Golay admet que son vote a été mis sous pression par les deux camps: «Mais dans notre programme à Genève lors des dernières élections, le MCG a défendu la création de crèches, je me verrais mal ici changer d’avis. C’est une question de conviction et j’accepte les critiques dans mon dos. C’est une aide minime, mais c’est un signal que la Confédération donne pour les familles. Quand quelqu’un d’ici peut travailler parce qu’il trouve une solution de garde, c’est de l’immigration en moins.»

Sérieux coup de pouce

Depuis 2003, ce programme a permis de subventionner pour plus de 350 millions de francs de nouvelles structures. Le programme a été prolongé deux fois, en 2011 et en 2015. Après quatorze ans, 33 000 places d’accueil de jour et 24 300 places parascolaires ont bénéficié d’un coup de pouce à raison de 5000 francs et 3000 francs la place. Le canton de Vaud, par exemple a pu subventionner plus de 9000 places d’accueil, Genève 3300, Neuchâtel et le Valais environ 2300.

Le Conseil des États doit encore se prononcer, mais pour Christine Bulliard, le plus dur semble fait. Elle reste toutefois prudente: «Cette prolongation de l’aide aux crèches a toujours été un dossier difficile avec des majorités très courtes.» (Le Matin)

Créé: 12.06.2018, 22h00

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