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Suisse Trois autres initiatives écologiques en vue

Après le rejet de l'initiative des Verts Fair Food et de celle sur la souveraineté alimentaire d'Uniterre, trois autres textes attendent le vote des citoyens.

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Les citoyens ont rejeté sèchement dimanche les deux initiatives agricoles qui leur étaient soumises. Ils ont refusé à près de deux tiers des voix le texte des Verts qui réclamait des aliments équitables et celui du syndicat paysan Uniterre sur la souveraineté alimentaire. Mais les Suisses n'ont pas fini d'entendre parler d'agriculture durable, d'écologie et de bien-être animal. Ils devront très vraisemblablement se prononcer sur trois autres initiatives ces prochains mois.

Initiative eau propre pour tous

A commencer par celle baptisée «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique». Elle a été lancée par l'association politiquement indépendante Une eau propre pour tous et déposée le 18 janvier dernier après seulement 10 mois de récolte de signatures.

Le texte demande d'ajouter un article à la loi fédérale sur la protection des eaux qui interdirait d'introduire directement ou indirectement dans une eau des substances de nature à la polluer. Il veut aussi que Berne n'alloue aucune subvention aux exploitations qui utiliseraient des pesticides et des antibiotiques à titre prophylactique. S'il est soutenu par plusieurs ONG dont Greenpeace, il n'a pas trouvé grâce aux yeux du Conseil fédéral qui l'a rejeté en juin sans contre-projet. Cette initiative aurait des conséquences préjudiciables de grande ampleur pour l’agriculture et la sécurité alimentaire suisses, a-t-il estimé.

Les initiants ne considèrent pas le refus de l'initiative des Verts comme un mauvais présage. Pour Franziska Herren, l'approche est différente. «Nous nous limitons aux trois principaux problèmes de pollution de l'eau et de l'eau potable par l'agriculture», dit-elle dans 20 Minuten. En outre, contrairement aux deux initiatives qui ont échoué, le texte sur l'eau potable n'est pas en conflit avec les pays étrangers et les accords internationaux.

Une Suisse sans pesticides

Autre initiative en vue: celle intitulée «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse». Le texte, lancé en novembre 2016, a été déposé en mai dernier muni de 140'000 signatures. A son origine, se trouve un groupe de Neuchâtelois, pour certains actifs dans le bio. Les initiants souhaitent interdire l’utilisation de pesticides de synthèse dans l’agriculture, dans la transformation des produits agricoles, mais aussi pour l’entretien du paysage. Il veut également bannir de Suisse les aliments qui contiennent des pesticides ou pour la production desquels des pesticides ont été utilisés.

Là aussi, le Conseil fédéral rejette l'initiative. Elle «limiterait trop fortement la marge de manœuvre du secteur agroalimentaire et de l’agriculture suisses», selon le gouvernement. De plus, ajoute-t-il, «la qualité des denrées alimentaires serait menacée, la production indigène diminuerait, l’offre serait moins variée, le choix des consommateurs serait plus limité et le tourisme d’achat augmenterait.» En outre, interdire d'importer serait contraire à la réglementation de l’OMC et aux accords de libre-échange.

Contre l'élevage intensif

Troisième initiative pendante, celle qui s'intitule «Pas d’élevage intensif en Suisse». Lancée en juin notamment par la présidente de la Fondation Franz Weber, Vera Weber, le conseiller national Bastien Girod (Verts/ZH) ainsi que l'association Sentience Politics, elle demande que l'élevage intensif disparaisse dans les 25 ans en Suisse.

Chaque année, 50 millions d'animaux sont élevés et abattus chez nous dans des conditions atroces, font valoir les initiants. Qui ajoutent que l'élevage industriel accélère le réchauffement climatique, aggrave la faim dans le monde et la rareté de l'eau, entraîne la résistance aux antibiotiques, et viole les principes constitutionnels de protection des animaux.

Créé: 24.09.2018, 14h05

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