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Colère «Ils ont tué mes oiseaux!»

Les services du vétérinaire cantonal interviennent à Genève pour saisir les pigeons et la corneille que soignait une amie des animaux. Ils ont tous été euthanasiés.

Image: Christian Bonzon

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Il reste cinq survivants! Cinq pigeons que Béatrice Rondez a réussi à planquer in extremis dans une armoire, lorsque les services du vétérinaire cantonal genevois et ceux de la faune ont débarqué, lundi dernier, au Petit-Lancy (GE) pour saisir les oiseaux qu’elle détenait dans une volière. Onze pigeons et une corneille: des animaux qu’elle avait recueillis blessés et qu’elle soignait afin de pouvoir leur rendre la liberté.

«Ils me les ont pris pour les tuer! Ce sont des monstres! Ces oiseaux ne demandaient qu’à vivre… Ils ne dérangeaient personne. En plus, il y avait un bébé. C’est un massacre pur et simple! Mais ça ne va pas en rester là. Je suis en contact avec plusieurs associations internationales de protection des animaux. Nous allons déposer une plainte!» menace-t-elle, entre rage et douleur.

Mis à mort par précaution

Voilà trois ans, en effet, que Béatrice Rondez vole aux secours des pigeons et des corneilles blessés, en plus de les nourrir dans la rue et dans les parcs. «On nous dit que ces oiseaux sont nuisibles, qu’il y en a trop. Moi, je dis qu’il y a trop d’hommes!»

Parmi les pensionnaires de la Genevoise, au moment du drame, il y avait notamment une jeune corneille blessée à une patte que Béatrice Rondez voulait faire opérer par son vétérinaire, un jeune pigeon avec une aile abîmée, un autre sans pattes… Quant aux autres, ils étaient plus ou moins prêts à reprendre leur vol. «Tout cet amour que je leur ai donné pour en arriver là. Je suis écœurée. On ne tue pas un animal parce qu’il a une patte cassée!»

Bref, ce lundi matin, quatre inspecteurs sont intervenus sans prévenir dans la villa où Béatrice Rondez abritait «Sissi», «Angel», «Chamade» et tous ses autres protégés ailés. «D’abord, ils m’ont reproché les mauvaises conditions d’hygiène de la volière, alors que je la nettoie matin et soir. Par ailleurs, mes oiseaux avaient tout ce qu’il faut à disposition: des graines, de l’eau fraîche et de la salade.» Puis, poursuit-elle: «Après deux heures sur place, les inspecteurs ont appelé deux gendarmes en renfort. Et m’ont fait sortir sur le trottoir pendant qu’ils capturaient les oiseaux. On ne m’a même pas laissé leur dire au revoir.»

Emmenés à la fourrière, les animaux seront euthanasiés peu après. Mais qu’est-ce qui a justifié une telle intervention? La loi! «Ces oiseaux ont été séquestrés d’une part parce qu’ils étaient détenus sans autorisations des autorités compétentes et d'autre part parce qu’ils étaient malades et/ou blessés», explique le Dr Jérôme Föllmi, vétérinaire cantonal à Genève.

Mais pourquoi ont-ils été mis à mort? «Ils présentaient des symptômes de la paramyxovirose, une épizootie contagieuse. Par ailleurs, quelques spécimens présentaient également des atrophies aux pattes et des malformations articulaires suite à des fractures», ajoute le Dr Föllmi. Verdict: «En accord avec le Service de la faune, les oiseaux ont été euthanasiés par principe de précaution.»

Jusqu’à 20 000 fr. d’amende

De quoi faire bondir encore plus Béatrice Rondez. «Ce sont des menteurs. Mes oiseaux étaient en parfaite santé. Il n’y a qu'à voir ceux que j’ai pu sauver de ce massacre et que vous avez photographiés.» Et maintenant? La pasionaria des oiseaux a mis ses cinq rescapés à l’abri dans un lieu qu’elle garde secret. «On m’a dit que je serai convoquée par l’Office vétérinaire cantonal. Il est hors de question que je m’y rende.»

N’empêche! La loi prévoit des suites. «Des poursuites pénales sont engagées, assure Jérôme Föllmi. C’est automatique lorsque le Service de la consommation et des affaires vétérinaires émet un rapport d’infraction qu’il transmet au Service des contraventions pour traitement.» Quant au montant de l’amende, il peut atteindre jusqu’à 20 000 fr. «Et pourquoi pas la peine de mort, comme pour mes oiseaux?» s’enflamme l’accusée.

Et concrètement, que faire lorsqu’on découvre un animal blessé? Le laisser à son triste sort? «Non, il est possible d’intervenir soit en l’amenant chez un vétérinaire ou à une station de soin officielle en fonction de l’espèce», précise encore le Dr Föllmi. Reste que de nombreuses personnes s’improvisent soigneurs. Quant aux services officiels, ils interviennent dans de telles affaires lors de dénonciations, comme cela a été le cas pour Béatrice Rondez. Ce qui arrive en moyenne deux ou trois fois par an dans le canton de Genève. (Le Matin)

Créé: 12.07.2014, 14h30

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