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Putsch manqué La Turquie pourrait engager des poursuites en Suisse

L'ambassadeur ad intérim de Turquie a très clairement évoqué des actions en justice en Suisse contre les partisans de Fethullah Gülen.

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L'ambassade de Turquie à Berne a averti vendredi les Turcs vivant en Suisse et proches du mouvement Gülen qu'ils devaient s'attendre à des poursuites judiciaires. Ce mouvement est en effet considéré comme terroriste par Ankara.

«Nous savons qu'il y a quelques institutions et des personnes liées à cette organisation», a affirmé Volkan Karagöz, le représentant de l'ambassade sur les ondes de la RTS. «Nous ne voyons pas de problème pour ces citoyens s'ils ne sont pas liés à cette organisation terroriste. S'ils le sont, tout sera fait selon les règles de l'Etat de droit», a-t-il ajouté.

«Il est tout à fait possible que notre gouvernement s'engage contre les ‹gülenistes› en Suisse et lance des procédures à leur encontre», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse vendredi.

Les adeptes du mouvement fondé par l'imam Fethullah Gülen - accusé par le président turc Erdogan d'être à la base du putsch manqué du week-end dernier - sont mis sous pression par le gouvernement turc. Fethullah Gülen est un prédicateur islamiste turc, réfugié aux Etats-Unis et ennemi intime de Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier est pourtant parvenu au pouvoir grâce au soutien de la confrérie de Fethullah Gülen mais les deux hommes se sont brouillés en 2013.

Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a déjà engagé des poursuites contre plus de 40'000 personnes en Turquie, dont 103 généraux. Tous auront doit à un procès équitable, a ajouté l'ambassadeur ad intérim.

La diaspora turque en Suisse compte quelque 100'000 membres. Interrogé sur les restrictions de voyage pour les Turcs souhaitant aller en Turquie, M. Karagöz a répondu que «l'état d'urgence n'est pas dirigé contre le peuple turc. Il y a quelques restrictions, mais pas d'interdiction de voyager, car la liberté de mouvement est un droit fondamental et qu'il n'y a pas de règle les empêchant d'aller à l'étranger ou de revenir en Turquie.»

Directeur pas concerné

«Je ne me sens pas visé, j'ai le passeport allemand et vis en Suisse, Etat de droit» réagit, interrogé par l'ats, le directeur de l'école zurichoise soupçonnée d'être dans la mouvance de l'imam turc Fethullah Gülen.

«Mon seul but est de bien jouer mon rôle de directeur, et je ne suis pas la personne adéquate pour m'exprimer sur l'intervention de l'ambassade de Turquie en Suisse», conclut-il.

Créé: 22.07.2016, 14h25

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