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Accords bilatéraux «Avec l’UE, la Suisse a su faire fructifier ses intérêts»

Spécialiste des questions européennes, le professeur René Schwok fait le constat d’une relation bilatérale en stand-by. Au moment où le diplomate suisse Yves Rossier va rencontrer un responsable de la Commission européenne.

René Schwok: «Contrairement, à ce qui se dit souvent: les négociateurs suisses ont été très habiles jusqu’à maintenant.»

René Schwok: «Contrairement, à ce qui se dit souvent: les négociateurs suisses ont été très habiles jusqu’à maintenant.» Image: Pierre Abensur

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«Il y a une forme de procrastination de deux côtés», lance René Schwok. C'est ainsi que le professeur à l’Institut européen de l’Université de Genève définit l'état de la relation actuelle. «L’Union européenne ne fait pas de la Suisse une priorité, et c’est bien normal étant donné les difficultés qu’elle traverse. Et la Suisse, de son côté, est bien décidée à ne rien décider», glisse l'intellectuel genevois.

Dans ce contexte, que peut-on attendre de la rencontre du secrétaire d’Etat aux affaires étrangères (DFAE) Yves Rossier avec la Commission européenne aujourd’hui mardi à Bruxelles? Très clairement rien. Car il s’agit d’une première prise de contact après la lettre de José Manuel Barroso qui rejetait avec fermeté (fin décembre) les propositions suisses d’évolution des accords bilatéraux.

Pour René Schwok, le fait récent le plus marquant dans la relation Suisse – Europe est sans aucun doute «la division des milieux économiques, bancaires et financiers en Suisse. Aucune stratégie évidente ne se dégage. La volonté d’étendre les bilatérales n’est plus si évidente», analyse le professeur genevois. Avant de poursuivre: «Et le Conseil fédéral en a pris note, car il donne l’impression de ne pas vouloir renforcer cette division. Il temporise!»

Le double-jeu de la Suisse

«Car même sans accord global avec l’UE, la Suisse s’en tire bien», pense René Schwok. Et le professeur de documenter ses propos: «On le constate avec l’accord REACH pour la chimie! A l’instar de ce que nous faisons avec les cigarettes, nous continuons à produire pour les pays tiers avec des normes inférieures à celles de l’UE, et nous adaptons à la réglementation européenne, via des filiales de nos grandes entreprises, les exportations destinées au marché de l’UE. C'est un double-jeu en notre faveur», documente René Schwok.

Et les évolutions futures? S'est-on réellement engagé dans une impasse? «On peut émettre l’hypothèse que tant que l’UE pensait que nous allions adhérer, elle était plutôt arrangeante avec la Suisse. Maintenant qu'elle a pris note que ce n’est pas pour tout de suite, l’UE va sans doute se montrer plus intransigeante», pense le professeur genevois.

«Mais dans le fond, cela ne change pas grand-chose. Chacun joue sa partie dans un dialogue qui se poursuit. Mais, contrairement, à ce qui se dit souvent: les négociateurs suisses ont été très habiles jusqu’à maintenant. La Suisse a su faire fructifier ses intérêts», conclut René Schwok.

Vient de paraître: René Schwok, Politique extérieure de la Suisse, Collection Le Savoir suisse

Créé: 29.01.2013, 15h38

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