Lundi 21 janvier 2019 | Dernière mise à jour 01:41

Accord-cadre Ueli Maurer explique les réticences suisses à Vienne

Le président de la Confédération a tenté d'expliquer les réticences helvétiques à la signature de l'accord-cadre voulu par Bruxelles.

Ueli Maurer ce 11 janvier 2019 avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Ueli Maurer ce 11 janvier 2019 avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Image: Keystone

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S'exprimant devant la presse avec le chef de l'Etat autrichien Alexander Van der Bellen, le président de la Confédération a rappelé que la Suisse comme l'UE élisent leurs parlements cette année.

«Si on a la patience d'examiner (ces questions) après les élections, avec de nouvelles personnes, ce ne serait peut-être pas une mauvaise solution. De notre point de vue, il ne sortira jamais rien de bon sous la pression, car nous avons juste besoin de plus de temps», a-t-il expliqué, faisant référence à l'ultimatum fixé par Bruxelles.

Bruxelles patiente

Le conseiller fédéral UDC a demandé de la compréhension pour le système de décision helvétique, qu'il a comparé à la rumination des vaches. Il a toutefois reconnu que la patience de Bruxelles avait été mise à rude épreuve.

A la mi-décembre, la Commission européenne a prolongé de six mois l'équivalence boursière suisse pour donner à la Confédération le temps de décider de la suite à donner à l'accord-cadre. Le Conseil fédéral a de son côté lancé une vaste consultation sur le projet de texte. Le gouvernement fera le point au printemps.

Majorité introuvable

Evitant de parler de «renégociation» - un terme rejeté par l'UE -, M. Maurer a souligné que «de nombreuses questions sont apparues» durant la consultation. «Nous devrons parler de ces réticences», a-t-il dit, car le résultat n'a actuellement aucune majorité en Suisse.

Selon lui, il risque d'y avoir de la «vaisselle cassée», si Bruxelles devait décider que le projet actuel est «à prendre ou à laisser».

Le chef du Département fédéral des finances (DFF) a également mis en garde contre les pressions sur la Bourse suisse. Si l'UE ne devait pas reconnaître l'équivalence boursière, le risque serait grand de plonger dans une «guerre économique», a-t-il dit.

«Nous ne devons pas tomber dans ces impasses», a-t-il ajouté, regrettant qu'il n'existe actuellement aucun contact personnel avec Bruxelles.

Pas comparable au Brexit

De son côté, le président autrichien a exprimé à la fois le soutien de son pays au projet d'accord-cadre et sa compréhension pour la position suisse. Il a plaidé en faveur «d'un peu de patience», espérant que l'on puisse reparler du sujet «début 2020». En fin de compte, a-t-il relevé, ce n'est «pas comme le Brexit» où, sans solution, on se retrouve devant le vide.

Interrogé par l'agence APA, M. Van der Bellen a «naturellement regretté» le refus de la Suisse de devenir membre de l'UE. Il a toutefois souligné que Berne et Vienne partageaient les mêmes positions sur de nombreux points, notamment en matière de climat.

Le président autrichien a reçu en fin de matinée Ueli Maurer avec les honneurs militaires. Le grand argentier de la Confédération a ensuite rencontré son homologue autrichien Hartwig Löger, avant un entretien prévu avec le chancelier Sebastian Kurz. (ats/nxp)

Créé: 11.01.2019, 16h01

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