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Votations fédérales Un ultime duel sur l’ouverture des shops la nuit

Pour ou contre? Jean Christophe Schwaab (PS) et Christian Lüscher débattent à quelques heures du scrutin. La fin d’une absurdité ou une déréglementation du travail de nuit?

Christian Lüscher (PLR/GE) face à  Christophe Schwaab (PS/VD)

Christian Lüscher (PLR/GE) face à Christophe Schwaab (PS/VD) Image: Keystone

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C’est l’objet de votation le plus ouvert de dimanche 22 septembre. A quelques heures du vote, l’ouverture des shops des stations-service 24 heures sur 24 reste incertaine: 48% des personnes seraient favorables, 45% disent non et surtout 7% des personnes interrogées se disent encore indécises. Telle est l’estimation du dernier sondage GFT. En Suisse romande, deux hommes ont croisé le fer pendant toute la campagne. Dernier tour de manège avec les conseillers nationaux Christian Lüscher (PLR/GE) et Jean Christophe Schwaab (PS/VD).

Le Matin - Messieurs, le résultat s’annonce serré. Un dernier argument avant le vote?

Jean Christophe Schwaab: «Il faut empêcher la multiplication des horaires incontrôlés. Chaque nouvelle exception tolérée en appellera d’autres. Un Non net dimanche est le meilleur moyen de mettre un terme pour longtemps aux tentatives de dé-régularisation du monde du travail.»

Christian Lüscher: «On peut être contre une future libéralisation des horaires d’ouverture des magasins – une question de société importante qui sera soumise au vote plus tard – et vouloir tout de même supprimer cette absurdité qui contraint des tenanciers de shops à cacher leurs produits frais entre 1heure et 5 heures du matin. On ne sait toujours pas réellement quelles seraient les conséquences d’un oui.»

Sont-ce uniquement 22 shops qui sont concernés ou peut-on s’attendre à des dizaines d’ouverture à travers le pays?

Christian Lüscher: «Il existe déjà de nombreux shops qui sont situés à des endroits qui permettraient leur ouverture. Mais les exploitants ont fait le choix de fermer leur shop de nuit, car ils n’y voient pas d’intérêt économique. Il n’y a quasi aucun risque que cela change. Et si tel était le cas, pour quelques exceptions, cela n’aurait pour conséquence que de créer quelques emplois supplémentaires. Pas un drame, donc!»

Jean Christophe Schwaab: «Une centaine de shops pourraient ouvrir de nuit. Rien qu’à Genève, on estime qu’une vingtaine d’enseignes supplémentaires joueraient la carte du 24heures sur 24. Car, on ne parle pas uniquement des stations-service situées sur les autoroutes, mais aussi celles situées sur les routes à fort trafic de voyageurs: soit les routes qui mènent dans les vallées, aux frontières ou qui traversent les agglomérations. Ces shops 24h sur 24 entreraient en concurrence frontale avec tous les petits commerces de proximité.»

Seraient concernés par cette modification de la loi sur le travail les shops «dont les marchandises répondent principalement aux besoins des voyageurs». De quoi parle-t-on?

Jean Christophe Schwaab: «Ce sont toutes ces marchandises qui sont vendues par ailleurs dans ces petits magasins de proximité, dans les quartiers et dans les villages, et que les gens apprécient à juste titre. Les shops leur feraient alors une concurrence frontale. De plus, ils vendront de l’alcool à emporter. Et on sait les dégâts occasionnés auprès des jeunes lorsqu’on facilite l’accès aux boissons fortes.»

Christian Lüscher: «Ce sera sans doute autre chose que ces vieux sandwichs graisseux proposés à l’heure actuelle. Des fruits, du pain, un bon morceau de fromage… Toutes choses que l’exploitant d’un shop déjà ouvert la nuit doit actuellement cacher entre 1heure et 5 heures du matin. C’est absurde!» (nxp)

Créé: 21.09.2013, 15h39

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