Samedi 19 octobre 2019 | Dernière mise à jour 09:15

Politique En Valais, le Christ ne voterait pas pour Ronald Zacharias

Installé à Verbier, le promoteur genevois est candidat au Conseil national pour l'UDC. Son slogan «Les nôtres avant les autres» a fait tiquer le curé de Saint-Maurice.

Avec son patronyme, Ronald Zacharias n'a rien d'un «nôtre» en Valais, où il tente de se faire une nom pour les élections fédérales.

Avec son patronyme, Ronald Zacharias n'a rien d'un «nôtre» en Valais, où il tente de se faire une nom pour les élections fédérales. Image: DR

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Ancien député du Mouvement citoyen genevois, candidat au Conseil d'Etat l'année dernière sur la liste de Genève en marche, à 69 ans Ronald Zacharias tente une percée qui ne passe pas inaperçue en Valais. Pour l'instant, c'est le seul candidat qui occupe la campagne avec des bandeaux publicitaires dans «Le Nouvelliste» et des publications sponsorisées sur Facebook.

Pas dans la tradition chrétienne

Habitué de Verbier depuis une quarantaine d'années, il a déposé ses papiers à Bagnes et figure sur la liste de l'UDC du Valais romand. Sur Facebook, il a repris un slogan cher au Front national ou à la Lega tessinoise: «Les nôtres avant les autres!» Une première réponse est venue du curé de Saint-Maurice, Gilles Roduit. Dans la page des lecteurs du «Nouvelliste», il a déploré une expression qui «ne relève pas de la longue tradition chrétienne de ce canton. Il me semble que le Christ a été l'ami des pauvres, des rejetés et des étrangers, de tous. Mais pas des nôtres d'abord».

Tribalisme et vertu sociale

Ronald Zacharias n'est pas resté sans répliquer à cette remontrance. Selon lui: «L'idée de nation implique une solidarité par degrés à partir de la famille, du clan, de la région et du canton. Le tribalisme est une vertu sociale qu'il convient de chérir, tant il est évident qu'il est l'ultime protection des pauvres, des faibles et indigents. Il me semble difficile, par conséquent, de prétendre que «les nôtres d'abord» puisse se heurter aux principes très chrétiens.»

Les nôtres et les vôtres?

Sur sa page Facebook, d'autres internautes ont réagi, notamment avec cette remarque: «Suis assez d'accord que l'on doit s'occuper des «nôtres». Qui sont les «vôtres» M. Zacharias? Indiens, Canadiens, Genevois, Valaisans, Bagnards depuis six mois?» Le Genevois est conscient qu'avec son patronyme, il risque de ne pas passer pour un «nôtre» justement: «Je ne porte pas un nom valaisan, je dois me faire connaître et je ne vois pas comment me rendre visible autrement. Certains se demanderont: mais qui c'est celui-là qui vient nous em...? Peu importe, la bonne question est de savoir si je peux être utile à ce canton en lien avec les idées que je défends».

Les autres après les nôtres...

Cependant, Ronald Zacharias s'est rendu compte que sa formule avait heurté la morale des clochers: «J'aurais dû formuler ma pensée autrement, admet-il, j'aurais dû mettre: «Les autres après les nôtres». De cette façon, on n'exclut pas les autres et c'est moins agressif. Cela dit, nous faisons toujours quelque chose au détriment d'autre chose, c'est très humain. Je connais peu de personnes qui se lèvent le matin en se demandant en premier: qu'est-ce que je peux faire pour les autres aujourd'hui?»

Les nôtres? Les autres? En Valais, une formule résume parfois la nature des familles recomposées par les parents: «Quand les tiens et les miens jouent avec les nôtres...» La réussite est finalement dans le bon mélange.

Créé: 22.07.2019, 16h05


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