Dimanche 23 février 2020 | Dernière mise à jour 17:22

Humeur En Valais, ne dites plus «épouse de...» ou la «femme à lui»

Dans une adresse officielle, la formule «épouse de» est encore très utilisée en Valais. Les femmes restent marquées par l'appartenance à leur mari.

Un couple de Valaisans en costume du Lötschental à une époque où l'on considérait que la femme appartenait réellement à son mari.

Un couple de Valaisans en costume du Lötschental à une époque où l'on considérait que la femme appartenait réellement à son mari. Image: DR

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En Valais, certaines communes et certaines administrations écrivent encore l'adresse de la femme avec le nom du mari. Ainsi par exemple, Marie-Hélène Pannatier, reçoit son courrier, où il est dûment ajouté «épouse de Gérard». Bien sûr, Gérard ne reçoit pas son courrier avec la mention «époux de Marie-Hélène». Encore en 2020, à l'occasion de cette votation du 9 février, beaucoup de citoyennes reçoivent leur matériel de vote avec cet ajout tutélaire d'un autre temps.

Obstacle à l'émancipation

Relevée par «Le Nouvelliste», cette situation est dénoncée par la cheffe de l'Office valaisan de l'égalité, Isabelle Métrailler, qui y voit un obstacle «pas que symbolique» à l'émancipation des femmes dans le canton. D'autres formulations ont traversé les générations comme le nom du mari à la place du nom de la femme: «Madame Gérard Pannatier» ou encore «Madame veuve Gérard Pannatier».

Promettre...

Éthymologiquement, les termes époux et épouse viennent du latin «Sponsus» ou «Spondere» qui signifie promettre ou fiancer. Dans le langage courant, on utilise plutôt les synonymes de mari et femme. «Époux» et «épouse» sont plus institutionnels et utilisés pour les actes administratifs ou judiciaires. «Voulez-vous prendre comme époux ou comme épouse...?», demande le président ou le curé. Autrefois, la loi stipulait que l'époux promettait «la protection» à son épouse et l'épouse «l'obéissance» à son mari.

«La mienne» ou «la tienne»

La précision formelle «épouse de...» signifie bien encore l'appartenance de la femme à son mari, qui remonte au temps où elle ne pouvait signer aucun contrat sans son accord. Mais, depuis 1981 et la loi sur l'égalité, ce genre de formule est désuet. Peut-être faudrait-il déconseiller aussi l'expression «mon épouse» à cause du possessif, car dans l'objectif d'établir une égalité encore supérieure, personne n'appartient à personne, encore moins en Valais!

On doit aussi dissuader l'usage d'expressions entendues ici et là comme «la femme à lui» ou, encore pire, «la femme à moi», ou des formules plus courtes comme «la mienne» ou «la tienne». La formule valaisanne idéale serait de dire: «l'épouse à nous» ou «l'époux à nous», car le statut est partagé à part égale entre les deux...

Eric Felley

Créé: 05.02.2020, 14h37

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