Dimanche 24 juin 2018 | Dernière mise à jour 16:34

Votations 4 mars Vaud refuse l'assurance dentaire obligatoire

Les Vaudois devaient décider s'ils voulaient d'une assurance pour le remboursement des soins dentaires de base. Le texte a été rejeté à plus de 57%.

L'initiative «Pour le remboursement des soins dentaires» a été lancée en 2014 par le POP et Solidarités.

Vidéo jugée inacceptable

La présidente du Grand Conseil vaudois Sylvie Podio juge inacceptable la vidéo partisane tournée dans le bâtiment du Parlement à propos de la votation sur les soins dentaires. Des mesures seront prises pour rappeler les députés à l'ordre.

Interrogée jeudi par l'ats, Sylvie Podio a déclaré: «Je déplore qu'un député utilise le Grand Conseil pour défendre un objet politique sans avoir demandé l'autorisation du Bureau du Grand Conseil. Je ne peux pas m'associer à cette manière de faire».

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Les Vaudois ne veulent pas d'une assurance dentaire obligatoire. L'initiative du POP et de Solidarités a été rejetée par 57,57% des votants. La participation s'est montée à 55,67%.

Le projet visait un accès aux soins dentaires garanti pour tous. Il était soutenu par la majorité de gauche du Conseil d'Etat, les Verts, le PS et le PDC, les syndicats et diverses associations.

Sous forme d'un nouvel article constitutionnel, le texte prévoyait un financement s'inspirant du modèle de l'AVS, avec des employeurs et salariés mis à contribution à part égale. Le coût annuel aurait tourné autour de 300 millions par an. Le contour exact et les prestations de base remboursées auraient dû être précisés par la suite par le Parlement.

«Le peuple a tranché sur une question de fond dans une proportion que j'attendais», a déclaré le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. Le résultat, plus de 42% en faveur de l'initiative, a montré que le problème est admis: dans le canton, entre 10 et 20% de la population n'arrive pas à payer ses soins dentaires.

Ouvrir la discussion

«Ce vote a eu le mérite d'ouvrir la discussion. Il appartient désormais aux forces politiques et aux dentistes de trouver des solutions ciblées», a poursuivi le ministre en charge de la santé. Du côté du PLR, il y a, selon lui, des parlementaires qui pensent qu'il y a quelque chose à faire.

Le Conseil d'Etat est à disposition avec un projet de loi, rappelle-t-il. Il avait en effet opposé à l'initiative un contre-projet qui comprenait des mesures plus ciblées. Ce dernier avait été refusé par la droite et la gauche de la gauche du Parlement, donnant un coup de canif au compromis dynamique à la vaudoise.

Le conseiller d'Etat a estimé dimanche que, s'il avait été soumis au vote, le contre-projet aurait constitué «un modèle crédible de mise en oeuvre. Il aurait obtenu les 10% qui manquent», a-t-il relevé.

Plus qu'honorable

Pour Pierre Conscience, membre du comité d'initiative, s'il constitue une déception, le résultat est plus qu'honorable. L'initiative est partie du socle restreint de la gauche radicale, puis s'est largement élargie.

Le score montre que la population est ouverte au progrès social. La Ville de Lausanne a notamment dit oui à plus de 55% des voix. Le coordinateur de la campagne attribue l'échec aux arguments fallacieux et de peur de la droite qui se sont imposés durant la campagne.

Coup d'arrêt

Les opposants, PLR, UDC, Vert'libéraux, dentistes et organisations économiques sont extrêmement satisfaits, a déclaré le coordinateur de leur campagne Patrick Eperon. Ce non donne un coup d'arrêt à la hausse du prix du travail dans le canton, alors que les temps à venir vont être très durs, a-t-il indiqué à l'ats.

Charger le coût du travail est une stupidité qu'on ne peut se permettre. L'attractivité du canton diminue et la révolution numérique bouleverse l'ensemble des activités économiques, a-t-il relevé.

Le PLR enjoint, lui, le Conseil d'Etat à retirer son projet de loi sur la santé bucco-dentaire afin de respecter la volonté des Vaudois qui ont dit dimanche qu'ils ne voulaient pas de taxes supplémentaires.

Dentistes préoccupés

Au terme d'une campagne difficile qui a vu la profession dentaire vaudoise essuyer de nombreuses critiques, la Société vaudoise des médecins-dentistes (SSO-VD) rappelle le travail en matière de prophylaxie effectué inlassablement par les dentistes depuis les années 60. Il a été déterminant pour l'amélioration de la santé bucco-dentaire des Vaudois.

La SSO-VD demeure néanmoins préoccupée par le sort des Vaudois qui renoncent à des soins dentaires pour des raisons financières. Elle encourage dès lors le Grand Conseil à remettre l'ouvrage sur le métier afin de développer des aides ciblées pour ceux qui en ont besoin.

L'initiative «Pour le remboursement des soins dentaires», lancée par la gauche radicale en 2014, avait récolté 15'000 signatures. Si elle avait été acceptée, le canton de Vaud aurait été pionnier en Suisse. Des textes similaires ont été déposés dans les cantons de Genève, Neuchâtel, du Valais et du Tessin. (ats/nxp)

Créé: 04.03.2018, 15h39


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