Jeudi 5 décembre 2019 | Dernière mise à jour 20:16

Sauvetage Une Vaudoise a tout quitté pour les éléphants

Grâce à Lena Quénard, un vieux pachyderme exploité pour le tourisme est le premier au Népal à se voir offrir une retraite. Elle se bat pour en sortir d’autres de l’enfer.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Elle en parlait, il y a quatre ans. Elle l’a fait. Lena Quénard (50 ans), infirmière de formation, a tout quitté pour partir en Asie soigner les éléphants victimes de l’industrie du tourisme, et les sortir de cet enfer. Après s’être formée sur place (entre la Thaïlande et le Népal), la Suissesse vient de franchir un pas vertigineux. Acquérir un pachyderme de 60 ans – ou plutôt le louer – pour lui offrir enfin la liberté sur un vaste espace.

Des pieds en piteux état

Grâce à Lena Quénard, Lucky-Kali devient ainsi le premier éléphant retraité du Népal, après avoir travaillé 25 ans dans le déboisement en Inde, puis 25 autres à transporter des touristes au Népal. «Il était prévu qu’elle soit revendue en Inde, où elle aurait fini sa vie, isolée et enchaînée sur du béton, devant un temple. C’est la tradition d’avoir des éléphants qui bénissent les gens, mais, pour les éléphants, c’est une vie de misère.» La Vaudoise soigne bénévolement les pieds, généralement en piteux état, de ces gros mammifères utilisés sans répit pour transporter des touristes. Elle n’espérait pas avoir si rapidement un éléphant à sa charge.

«Je savais que Lucky-Kali allait être revendue, et tout ce qui l’attendait alors… À force de passer à côté d’elle, tellement noble et lumineuse, j’ai craqué.» N’ayant pas à disposition les 25 000 à 30 000 francs nécessaires à l’achat de la belle géante, l’ex-infirmière a réussi à convaincre les propriétaires de l’animal de la louer. Et de conclure un contrat à vie. «Maintenant, il faut absolument que je trouve des fonds pour assurer sa retraite à long terme…

Depuis que je l’ai récupérée, elle est métamorphosée. Elle a repris du poids, ses blessures – dues aux nasses qu’on leur met sur le dos pour porter les touristes, et aux surcharges de poids que ces éléphants ont à supporter – sont en train de guérir. Quant à ses pieds, ils vont mieux.»

Aujourd’hui, Lucky-Kali passe ses journées à jouer et à éduquer un jeune éléphant de 4 ans, sauvé par une Américaine. C’est d’ailleurs avec cette dernière que Lena Quénard espère créer le premier sanctuaire pour pachydermes du Népal. «Contrairement à la Thaïlande, où les mentalités commencent à changer, il ne se fait rien de tel ici, où les éléphants sont particulièrement mal en point, en raison d’une mauvaise alimentation et du manque de spécialistes pour les soigner.»

Changement de mentalité

Un projet éléphantesque? Peut-être, mais les deux femmes y croient. D’autant que, disent-elles, au Népal comme en Thaïlande, les hôteliers qui possèdent ces éléphants commencent à se rendre compte que proposer d’autres activités avec les éléphants, comme les observer, en prendre soin, aller les baigner, intéressent un nombre grandissant de touristes.

Créé: 11.06.2018, 16h45

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.