Jeudi 24 mai 2018 | Dernière mise à jour 01:28

Interview Vera Weber peut-elle faire aussi fort que son père?

La fille du remuant Franz lui a succédé lundi à la présidence de sa fondation. Mais attention! Si elle paraît plus douce, elle est tout aussi obstinée que lui.

Minibio

1974 Naît à Lausanne, le 14 novembre.
1994 Suit l’Ecole hôtelière à Lucerne dont elle sera diplômée en 1999.
1999 Prend la vice-présidence de la Fondation Franz Weber.
2006 Prise à partie par des chasseurs de phoques au Canada.
2014 Succède à son père à la tête de la Fondation Weber.

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Franz Weber a tiré sa révérence, en douceur, contrairement aux nombreuses actions d’éclat qui ont illustré toute une vie de combat. C’est à travers un communiqué de presse qu’il laisse la présidence de sa fondation à sa fille unique, Vera, qui œuvre à ses côtés depuis 15 ans. D’une ombre relative, la voici propulsée en pleine lumière.

Vous retrouver en première ligne, ça vous inquiète?

(Rires) J’espère que cela ne m’inquiète pas trop! Cela me touche, surtout. Je suis très émue que mon père se soit retiré pour laisser la place à la jeunesse.

Vous travaillez à la fondation depuis longtemps, mais avez-vous tout de même hésité à la reprendre?

Si j’ai eu des doutes, c’est avant, à la puberté. Mais j’ai fait l’Ecole hôtelière, travaillé au Mexique, entre autres, et cela m’a permis de couper le cordon ombilical. Quand je suis entrée à la fondation, tout a été clair très vite. J’y ai tellement appris en 15 ans que je pense être tout à fait apte à prendre le relais.

Présidente, serez-vous tentée par des coups d’éclat, comme votre père?

S’il le faut, oui, mais ma méthode est davantage le dialogue et la compréhension. J’aime savoir ce qui fait bouger les opposants à nos projets. Si l’on attaque frontalement, on appelle la contre-attaque. A son époque, mon père était obligé de hurler pour réveiller les gens. Aujourd’hui, le respect envers la nature et les animaux est une demande venant de la société civile.

Avez-vous peur de prendre davantage de coups désormais?

Quand j’étais petite, j’ai essuyé des insultes de mes camarades lorsque mon père défendait un projet. Cela m’a rendue timide. Mais en même temps, je suis devenue plus tenace, plus forte, plus dure. J’ai appris à encaisser. C’est possible que je subisse davantage d’attaques, mais je ne les crains pas.

Le fait d’être une femme pourrait-il servir d’arme à vos adversaires?

Les femmes aujourd’hui sont tout de même bien plus prises au sérieux qu’il y a encore quelques années. Pour moi, il n’y a pas de vraie différence entre hommes et femmes. C’est le travail et ce sont les résultats qui comptent. Et c’est ce que j’attends des autres.

Vous ne vous découragez jamais?

De courts instants, mais je me relève toujours.

D’où vient cette force?

Je crois en cette cause, tout simplement. Mon travail fait partie de mon âme. C’est ma mission et ma passion. Même si je ne suis jamais satisfaite de moi-même, en me disant que j’aurais pu faire plus.

Votre résolution pour 2013 était de consacrer davantage de temps à vos proches. Cela va être dur en 2015, non?

En 2013 comme en 2014, j’ai complètement échoué en ce domaine. Mais ce n’est pas mon nouveau titre qui va y changer quoi que ce soit. Je continue sur la même lancée, avec la même volonté.

Quel rôle joue Christian, votre compagnon depuis sept ans, dans votre combat?

C’est quelqu’un qui me conseille. Il connaît toutes les facettes de mon travail et m’aide volontiers. Mais je suis contente qu’il ait son propre métier, hôtelier. Cela nous permet de parler aussi d’autres choses.

Vous habitez surtout à Berne. Allez-vous déménager à Montreux, près de la fondation?

J’y suis un ou deux jours par semaine. Cela va peut-être passer à trois, mais non, je ne déménage pas pour l’instant.

Votre père se retire à 87 ans, comment va-t-il?

Bien! Il est solide sur ses jambes, même s’il ne dévale plus les escaliers quatre à quatre comme je l’ai si souvent vu faire. Il est bien sûr un peu affaibli et a des pertes de mémoire, mais nous discutons de temps en temps ensemble des projets et combats de la fondation.

Fan de Harry Potter, qu’aimeriez-vous changer par magie?

Ouh là! Eradiquer la violence dans le monde, ce serait le plus beau sortilège.

Votre prochain combat?

Faire en sorte que la loi d’application sur les résidences secondaires soit plus stricte. Pour l’instant, c’est un livre de recettes pour en construire encore plus.

Que vous souhaiter pour votre présidence?

Beaucoup de force! (Le Matin)

Créé: 24.09.2014, 07h09

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