Jeudi 19 septembre 2019 | Dernière mise à jour 03:14

Fun Verbier veut devenir la Mecque suisse de l’e-bike

Du 15 au 18 août se tiendra le Verbier E-Bike Festival. Le plus grand rendez-vous mondial du genre, à la fois destiné aux mordus du VTT électrique et à ceux qui voudront le découvrir.


Guide pratique

Le Verbier E-Bike Festival proposera cinq formules à choix aux participants selon leurs envies et leur niveau. Inscriptions sur Verbier E-Bike Festival

E-Bike Test. Un grand salon à ciel ouvert rassemblant les plus grandes marques de l’industrie permettra d’essayer jusqu’à 10 vélos différents (E-MTB, E-Road, E-Gravel) dans un vrai Bike Park avec des boucles (temps de parcours d’environ 15 à 20 minutes) de toutes les difficultés possibles, de vertes – très faciles – à noires – très difficiles – en passant par bleues et rouges. Tarif: 15.-

Rando Gourmande. Une randonnée facile (30km entre Vollèges et Lourtier) pour partager les traditions culinaires locales (comptez 4 à 5 heures pour le parcours), avec 5 étapes gourmandes: du petit déjeuner avec beurre à la motte et confiture de myrtilles, en passant par l’apéritif, la raclette avec bières et vin du pays, et les desserts. Tarifs: 69.- sans vélo, 99.- avec.

Tours découverte. Des circuits tous niveaux (pistes vertes, bleues, rouges et noires) à effectuer sur la demi-journée ou en journée pleine, avec son propre vélo ou un loué sur place, avec un guide (groupes de 8 personnes) ou non. Tarifs: 39.- la journée sans vélo, 69.- avec. 29.- la ½ journée sans vélo, 49.- avec. 39.- supplémentaires par personne pour un guide la journée et 29.- par personne la ½ journée.

Tour du Val de Bagnes. Une course de 100km composée de 3 boucles d’environ 33km chacune effectuée avec 3 batteries de 500w (à gérer avec précaution pour ne pas se retrouver à plat avant la fin de la boucle). Niveau de difficulté: rouge. Date: 17 août. Tarifs: 49.- sans vélo, 89.- avec.

Tour du Mont-Blanc. 20 équipes composées chacune de deux cyclistes s’affronteront sur un parcours de 300km sur 3 jours avec 4 batteries de 500w à disposition par jour (12'000m de dénivelé positif et 16'000 négatif). Etapes: Verbier-Courmayeur, Courmayeur-Chamonix, Chamonix-Verbier. Niveau de difficulté: rouge, avec des passages noirs. Dates: du 14 au 16 août.

Les deux courses seront couvertes par la RTS qui diffusera des extraits de la première et retransmettra en direct l’arrivée de la seconde.

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Verbier croît à fond au développement du mountain bike électrique. On en veut pour preuve cet événement d’envergure internationale qui prendra place cet été à Verbier Val de Bagnes, le Verbier E-Bike Festival. Alors que les ventes explosent en Suisse, le phénomène e-bike s’apprête maintenant à doper les stations de ski en été. Imaginé par les organisateurs du Freeride World Tour, la manifestation se tiendra du 15 au 18 août et promet déjà de beaux rides face au majestueux massif des Combins, entre adrénaline (avec deux courses enduro), détente (de belles balades champêtres) et dégustations gourmandes (un parcours est axé sur les produits du terroir).

Pour cette première édition, Nicolas Hale-Woods, CEO du Freeride World Tour et du Verbier E-Bike Festival, a vu les choses en grand et compte carrément faire de l’événement le plus important du genre au monde.

-Vous êtes avant tout connu pour avoir créé l’Xtreme de Verbier, et le Freeride World Tour, il y a 25 ans. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous attaquer à l’e-bike?

-Le fait que l’e-bike soit clairement devenu le ski de l’été. Le mountain bike classique n’est accessible qu’à un petit 20% de la population, alors que sa version électrique en touche 80%. Je suis convaincu que le développement économique des stations va passer pas un développement de l’été, tiré en avant par l’e-bike. Parce que c’est ludique, facile d’accès et moins cher que le ski. Plutôt que de partir aux Caraïbes, les gens ont de plus en plus envie de découvrir nos montagnes. Elles sont là, à côté, et beaucoup ne les connaissent pas. En été, il y fait plus frais, et les gens ont maintenant tendance à bouger pour prendre soin de leur corps.

-Qu’est-ce que l’électricité apporte au mountain bike classique?

-Personnellement, j’avais une idée fausse et préconçue du e-bike il y a encore deux ans. Parce que je suis encore capable de mettre un coup de pédale, je réservais ça pour mes vieux jours. Mais je me trompais. D’abord, parce qu’en vélo électrique, on peut très bien transpirer. Il y a en général 3 modes d’assistance: turbo, mixte et éco, ce dernier permettant de suer tout à loisir en montagne. Mais on peut aussi prendre un plaisir fou à la montée, à travers des sentiers envahis par les racines et les cailloux, où il est parfois impossible de passer avec un VTT normal. On va aussi plus loin, plus haut, et le terrain de jeu est donc beaucoup plus vaste. Mais le plus important, c’est probablement son côté social, dans le sens où l’aspect électrique met tout le monde – jeunes, vieux, sportifs ou pas – à peu près au même niveau. En tout cas, ça gomme les grosses différences de performance que pourraient avoir papa, maman, fiston et grand papa. On peut partir en groupe et partager toute l’expérience ensemble.

-Qu’est-ce qui fait de ce festival le plus grand événement e-bike du monde?

-Le plus grand en montagne, il faut le préciser. Dans le sens où Munich en a créé un qui réunit, en termes de fréquentation, plus que les 2500 personnes que nous visons avec cette première édition. Mais en montagne, on est le premier festival 100% électrique. Et en nombre de vélos – avec près de 1000 engins à disposition pour le public – on est probablement le plus grand festival du monde tout court. On aura du VTT mais aussi du Gravel, un vélo à mi-chemin entre le mountain bike et le vélo de course, qui permet d’aller partout sans perdre en légèreté.

-Et la Suisse est l’endroit rêvé pour la pratique du e-bike?

-L’un d’eux, en tout cas. Maintenant, elle doit surtout investir dans les infrastructures: les chemins, les parcours, faire en sorte qu’ils soient accessibles et agréables au plus grand nombre, qu’on puisse s’orienter aisément… Il y a encore un énorme boulot à faire. On n’en est qu’aux prémisses, un peu comme dans les années 70, lorsque nos stations de ski étaient loin d’avoir développé une offre convaincante. Mais le marché est tel que des régions, comme le Valais, ont choisi le vélo comme fer de lance du mouvement économique de l’été. C’est un travail que nous élaborons en collaboration avec les autorités pour que ce développement se fasse en bonne cohabitation avec les promeneurs.

-Justement, comment gérer une promiscuité parfois difficile entre ceux-ci et les vététistes?

-La station de Whistler, au Canada, au nord de Vancouver, qui est le plus grand domaine skiable de l’Amérique du Nord, en est l’exemple parfait. Il y a 15 ans, il n’y avait rien en été. Ils ont alors décidé d’investir dans le vélo et au bout de 8 ans, l’été a même surpassé l’hiver en termes de recettes pour la station. Et cette cohabitation avec les randonneurs, ils l’ont gérée en définissant très clairement quels chemins allaient être exclusifs aux piétons, lesquels aux vélos, lesquels seraient mixtes, et quelles règles allaient régir ces derniers. Par exemple, de ne pas rouler à plus de 5km/h quand ils croisent ou dépassent des piétons, en établissant des règles de bienséance et de politesse… Et ça marche! C’est ce qu’on doit maintenant adapter aux paysages et à la culture suisse. Ça ne va pas se faire en un été – on parle d’un chantier de 10 ans pour gommer le retard sur certaines régions comme Whistler, justement, devenue la Mecque du VTT, ou ce qu’on peut parfois voir en Italie – mais ça va se faire.

-Pourquoi avoir choisi Verbier pour ce festival?

-Parce que Verbier, et le Val de Bagnes – ce n’est pas que Verbier! –, offrent des paysages sublimes – vraiment très variés – pour des randonnées. La station jouit aussi d’une infrastructure permettant d’accueillir les touristes en grand nombre et a stratégiquement décidé de développer l’été. Et puis c’est une station avec laquelle on travaille maintenant depuis 25 ans. Une confiance réciproque s’est installée.

-Ses pistes VTT sont-elles équipées en chargeurs électriques?

-Oui, la société Altis a mis au point un système de bornes disséminés dans plusieurs endroits pour que les gens puissent recharger leur e-bike en se restaurant. Si vous partez un weekend, je vous recommande tout de même de prendre votre chargeur pour le soir, à l’hôtel ou au chalet, mais sinon tout est prévu.

-25 ans après avoir inscrit Verbier sur la mappemonde du ski freeride, vous entendez donc réitérer l’exploit avec l’e-bike?

-C’est l’idée! Et même d’avoir un e-bike World Tour à partir de 2020. On imagine deux événements similaires à l’étranger, en Californie par exemple, avec des classements combinés sur les épreuves compétitives. Un Tour du Tyrol par exemple, ou du Mont Blanc, où les gagnants marquent des points et des vainqueurs de série en fin de saison. Avec à chaque fois, non seulement le côté compétition, mais aussi celui participatif, avec des gens qui sont là pour se faire plaisir avant tout.

-Comment voyez-vous l’avenir du e-bike?

-Très fort! On ne se serait pas engagé dans cette voie si on n’était pas convaincu d’un vrai potentiel. Mais c’est gigantesque de démarrer un événement comme celui-là à zéro. Ça fait deux ans qu’on y travaille et on doit organiser ça en parallèle avec le Freeride World Tour, que l’on doit aussi améliorer d’année en année. D’autant plus qu’avec désormais ces deux saisons qui s’enchaînent, on ne peut plus compter sur l’été pour préparer le FWT. C’est un gros challenge mais c’est très motivant parce qu’on sait maintenant que le mountain bike électrique touche beaucoup de gens.

-Comment voyez-vous l’avenir du Verbier E-Bike Festival?

-On va déjà faire en sorte que cette première édition soit un succès. On va forcément apprendre plein de chose avec les retours du public, mais l’idée est ensuite de faire grandir la manifestation. On a signé pour 5 ans et l’on vise les 10'000 participants pour 2023. D’ici 2026, il s’agit même de développer l’offre EMTB pour atteindre une activité touristique estivale équivalente à celle de l’hiver pour le ski.

Créé: 09.06.2019, 09h49

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