Mercredi 8 juillet 2020 | Dernière mise à jour 11:46

Bondo (GR) «Je ne fête pas mon retour mais celui des autres»

Une soixantaine d'habitants du village grison, sinistré par un éboulement en août, ont pu regagner leur logement samedi.

Vidéo: ATS

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Près de deux mois après l'important éboulement qui a dévalé le Piz Cengalo (GR), le village de Bondo reprend vie. Les premiers des quelque 160 habitants du Val Bregaglia qui avaient été évacués ont pu retourner chez eux samedi.

A 8 heures, la nouvelle route d'accès provisoire a été ouverte et les 65 habitants concernés ont pu regagner leurs domiciles dans la zone verte, sécurisée. Ils peuvent décider eux-mêmes s'ils veulent y retourner et y passer la nuit ou non, a expliqué Christian Gartmann, porte-parole de l'état-major mis sur pied par la commune de Bregaglia.

L'eau et l'électricité sont disponibles. Depuis l'éboulement du 23 août, les habitants n'étaient plus autorisés à dormir dans leurs maisons; il ne leur était permis d'y passer que brièvement, et accompagnés de membres de la protection civile.

De gros efforts ont été nécessaires pour ce retour en zone verte. Une route d'accès provisoire comprenant un pont a dû être installée. Il a aussi fallu nettoyer les canalisations et rétablir l'approvisionnement en eau et en électricité.

Encore beaucoup à faire

L'après-midi, un rassemblement était organisé sur la place du village, où les villageois ont trinqué et dégusté des marrons grillés. Il ne s'agissait toutefois pas d'une fête, a souligné Christian Gartmann, mais d'une simple rencontre.

La catastrophe a laissé un goût amer, confie une habitante. Et beaucoup reste à faire pour un retour à la normale après les effrayantes coulées qui ont touché cette vallée proche de la frontière italienne. Les habitants n'oublient pas que des vies humaines ont été perdues dans ce malheur: huit randonneurs ont disparu le 23 août.

Travaux d'Hercule

Des travaux d'Hercule devront aussi être réalisés pour permettre le retour des habitants de Bondo dans la zone rouge, toujours menacée d'éboulements. Le bassin de rétention qui protège le village de ce type de dangers doit être débarrassé des masses rocheuses, de même que le lit de la rivière Maira, afin qu'ils soient à nouveau prêts à remplir leur fonction le cas échéant.

Une trentaine d'engins de chantier s'activent vingt heures par jour pour ce colossal travail de déblaiement. Le retour des personnes évacuées dans la zone rouge est prévu pour mi-novembre.

Ceux qui vivent dans les hameaux de Spino et Sottoponte, de l'autre côté de la vallée, devront patienter moins longtemps. L'ordre d'évacuation sera levé dès le week-end prochain, maison par maison, selon l'avancement de la remise en état de l'infrastructure.

Regagner confiance

Les villageois devront regagner confiance en les édifices de protection reconstruits et les systèmes d'alerte. Ils devront aussi vivre avec la menace d'un nouvel éboulement: des mouvements de roche sont toujours signalés au Piz Cengalo, même s'ils sont extrêmement lents.

Au total, 1,5 million de mètres cubes sont instables, soit la moitié du volume qui a dévalé les pentes de la montagne le 23 août. Dans l'immédiat, aucun volume important ne devrait s'effondrer. Mais selon les experts, il est très probable qu'un nouvel éboulement important se produise un jour ou l'autre dans la région.

(ats/nxp)

Créé: 14.10.2017, 19h35

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