Mardi 17 juillet 2018 | Dernière mise à jour 13:19

Catholicisme La visite papale les rend joyeux

Alors que certains détails de la visite du pape à Genève étaient rendus publics hier, «Le Matin» a rencontré quelques-uns de ses «fans» genevois.

Une invitation à la spiritualité

Le rationalisme, le matérialisme et le consumérisme colonisent nos univers mentaux depuis des décennies, niant au passage toute transcendance. La science, qui pourtant met chaque jour en lumière le gouffre abyssal entre le peu que nous connaissons et ce qui nous reste à comprendre, a été élevée au rang de religion. Et tout ce qui n’entre pas dans ce cadre rigide ultradogmatique n’existe pas ou est dénigré.

Cet environnement stérile rend malheureux nombre d’entre nous car la dimension spirituelle y est reléguée au second plan ou tout bonnement niée. Dans ce contexte, où seul être performant et rentable semble être important, qu’on soit catholique, adepte d’autres religions ou athée, la prochaine visite du pape François à Genève fait du bien. La joie contagieuse des catholiques qui assisteront à la messe à Palexpo, et à la rencontre desquels nous sommes allés, en témoigne.

Loin d’être «cucul la praline», selon la caricature, leur foi les reconnecte à leur dimension spirituelle. Elle les élève vers moins de bêtise, moins de jugements portés sur soi et les autres, vers plus de droiture, d’amour et de conscience. Bref, vers des valeurs universelles gagnant aussi à être cultivées par chacun hors de toute religion. Lesquelles ne sont que des panneaux indicateurs pointant vers une même direction.

C’est d’ailleurs un peu ce que semble souligner ce «pape de la miséricorde» en plaçant sa visite sous le signe de l’œcuménisme. Voyons dans son passage une invitation à s’affranchir de la tyrannie des petits «moi, je» et des grands «j’y ai droit!» pour renouer avec l’authentique de nos légitimes aspirations spirituelles.

Laurent Grabet, journaliste

Le souverain pontife atterrira à Genève le 21 juin peu après 10 heures et reprendra l’avion pour Rome à 20 heures.

Il aura le temps de rencontrer Alain Berset, puis les responsables du Centre œcuménique des Églises.

Il célébrera une messe à Palexpo à 17 h 30.

Des dizaines de milliers de pèlerins attendus

La visite du pape le 21 juin prochain à Genève pose un vrai casse-tête aux forces de police. Elles devront assurer la sécurité du souverain pontife et des dizaines de milliers de pèlerins – entre 40 000 et 50 000 – qui sont attendus ce jour-là, tout en évitant une paralysie de la ville. Des blocs de béton seront installés à certains endroits, n’a pas caché le lieutenant-colonel François Waridel, chef des opérations de la police cantonale de Genève.

La surveillance sera discrète, a promis l’officier, rappelant qu’il s’agissait d’une visite du Saint-Père qui doit avoir lieu dans un esprit de convivialité. Les Genevois auront le soutien de collègues d’autres polices romandes.
Les passagers se rendant à l’aéroport devront privilégier
les transports publics et le taxi, a souligné Patrick Pulh, superintendant de la police routière. Les voyageurs devront prévoir une marge suffisante et être sur place trois à quatre heures avant leur vol.

Jean-Paul II, le dernier pape à avoir effectué une visite en Suisse, avait rassemblé à l’Allmend, à Berne, 70 000 personnes, a rappelé François Waridel, qui n’a pas voulu dévoiler le parcours qu’empruntera le souverain pontife. Celui-ci doit notamment se rendre à l’Institut œcuménique de Bossey. Des parkings extérieurs, en France voisine, permettront aux pèlerins de laisser leur voiture. Ils pourront ensuite monter dans des navettes qui les conduiront à Palexpo.

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À J – 37 de la visite éclair du pape François à Genève, le 21 juin prochain, à l’invitation du Conseil œcuménique des Églises, l’excitation monte chez les plus fervents des 170 000 catholiques que compte la «Rome protestante». «C’est un honneur et une joie qu’il nous visite. J’ai donné une demi-journée de congé à mes trente employés pour qu’ils puissent assister à la grande messe qu’il célébrera à Palexpo devant 40 000 personnes», se réjouit Alexandre Python qui a déjà ses «billets» en poche.

Croisé devant la basilique Notre-Dame, à la sortie de la messe de 8 h, cet ancien séminariste, père de quatre enfants, se définit comme issu de la «génération Jean-Paul II». Il dirige Ad gentes, une agence de voyages chrétienne à succès non loin des Pâquis. «Je suis impatient d’entendre ce que le pape va nous dire même si ça peut me déplaire. Car François n’a pas peur de ruer dans les brancards. Il me sort parfois de ma zone de confort!» Et effectivement, pour mémoire, sa dénonciation virulente des dérives du capitalisme et l’exhortation à changer nos habitudes pour préserver l’environnement figurant dans l’encyclique «Laudato si’» n’avaient pas plu à tous…

Une «expérience forte»

Aline Jarry (31 ans), employée d’Alexandre Python et également membre de la dynamique communauté du renouveau charismatique de l’Emmanuel, est déjà allée au Vatican à la rencontre du chef du 1,25 milliard de catholiques en 2014 et en 2017. «Son sourire bienveillant m’avait marquée, confesse la rayonnante jeune femme. Ces grands rassemblements peuvent sembler superficiels. Ils ne le sont pas. Ce sont des explosions de joie. Des expériences fortes dans lesquelles chacun pourra prendre ce qu’il peut.» La joie, Marie-Pierre Chervaz (56 ans), mère de six enfants – dont un est décédé et un autre fut garde suisse – et secrétaire, n’en manque pas. «Un jour, un voisin m’a demandé: «Comment faites-vous pour sourire tout le temps?» Ça m’a interpellée, raconte-t-elle, j’ai réalisé que ma foi m’y aide.»

La résidente du quartier de la Jonction voit le pape comme «un père, un guide, un berger» rassemblant la communauté tout en l’ouvrant sur l’extérieur et en l’invitant à réfléchir au-delà du prêt-à-penser. «Je suis tout simplement contente qu’il vienne dans ma ville. Sa simplicité touche les gens. Il n’est pas sur un piédestal et aime s’affranchir du protocole. Lors de l’assermentation de mon fils, il s’est par exemple dirigé vers ma tante handicapée pour lui faire le signe de croix sur le front.»

Musulman sous le charme papal

Inès Calstas (50 ans) apprécie tout particulièrement cette facette du «pape des pauvres et des exclus». Cette employée de l’Église catholique genevoise travaille quotidiennement aux côtés de personnes en situation de précarité. En 2016, elle s’était rendue en pèlerinage au Vatican avec certaines d’entre elles. Cet événement, auquel nous avions assisté, avait débouché sur la mise en place par le pape d’une Journée mondiale des pauvres.

«Voir à cette occasion certains de ces hommes, endurcis par une vie difficile, ouvrir leurs carapaces au passage du Saint-Père et pleurer face à lui m’a bouleversée et, en un sens, réconciliée avec les hommes», confesse la Genevoise. Le 21 juin, elle emmènera un groupe de 220 exclus à sa rencontre. Amadou Gaye sera du lot. Le Sénégalais de 52 ans est pourtant musulman et le reste. Il était de l’équipée 2016, laquelle l’avait marqué profondément.

«Son discours sur les pauvres et le triple pardon qu’il nous avait demandé de la part de l’Église pour nous avoir parfois fermé ses portes m’avaient touché, dit-il. Ce genre de paroles, tu les reçois avec le cœur pas avec la tête. Elles donnent du courage pour avancer!»

Et Anna Bernardo, aumônier de la communauté des sourds et malentendants de Genève, de conclure: «François n’est pas un donneur de leçons. Ses actes sont en cohérence avec ses mots. Il pose vraiment les yeux sur les autres soulignant ainsi l’égale dignité de chacun. Je me réjouis de le croiser en chair et en os!» (Le Matin)

Créé: 16.05.2018, 16h31


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