Mercredi 19 février 2020 | Dernière mise à jour 17:33

Portrait Yanis, l'enfant chéri de Chevilly

Une fois par an, le village vaudois accueille une course pour soutenir deux enfants en situation de handicap. Maïque Perez en est le speaker, par amitié envers Yanis.

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«Allez Yanis, montre-moi comment tu es fort.» Face à Maïque Perez, journaliste sportif à Teleclub et ancien commentateur à la RTS, le petit garçon de 5 ans bombe le torse et fait sortir ses biceps. La scène finit dans un éclat de rire. C’est vrai qu’il est drôlement fort, ce petit bout d’homme, né infirme moteur cérébral.

Certes il ne marchera jamais, mais dans son village de Chevilly (VD), de nombreuses personnes se mettent à la course à pied une fois par année pour soutenir financièrement sa famille, ainsi que celle de Marilou, une enfant atteinte de trisomie 21. La 2e édition de «MYrun4help» se déroulera le 11 septembre, avec Maïque Perez dans le rôle du speaker.

Pour Yanis, il reste avant tout le papa d’Amaia, sa camarade préférée au jardin d’enfants de Senarclens, une structure qui accueille les petits du village et enfants en situation de handicap. «Elle a vite compris qu’il n’était pas du genre à abîmer ses affaires», sourit le commentateur.

Une maison à réaménager

Rien que d’entendre parler de la petite fille suffit à rendre heureux Yanis, également au centre de l’association Yani’Smile, montée par ses parents, Anne et Stéphane Oulevay. Maïque Perez a fait office de relais au lancement de la page Facebook qui raconte le quotidien de l’enfant. «J’ai commencé par tisser un lien d’amitié avec Claude, le père d’Anne, qui avait un garage VW. Je me souviens que lorsque le diagnostic est tombé pour Yanis, un an après sa naissance, il m’a dit: «C’est foutu, Yanis est handicapé», raconte le journaliste de 41 ans, par ailleurs membre du comité exécutif de Zoé4Life, qui vient en aide aux enfants atteints de cancer. «Yanis m’a appris à relativiser les soucis du quotidien», ajoute-t-il.

En grandissant, l’enfant a surpris son monde en inventant un système pour se faire comprendre et pallier ainsi son difficile apprentissage du langage: un bisou, c’est un Yanis qui dit oui, un Yanis qui tire la langue, c’est un Yanis qui dit non. Clair et précis. On vous passe le nombre élevé de bisous que Maïque Perez a obtenus durant la visite du «Matin»! Dans l’immédiat, le petit garçon aimerait surtout dire oui à une nouvelle chambre. La maison familiale, bâtie juste avant sa naissance, a besoin d’être transformée au niveau du rez-de-chaussée pour lui permettre d’avoir de l’espace.

«Sa chambre était un bureau avant. Cela devient trop petit pour lui. Tant pis pour le salon, on s’en passera», explique sa maman, Anne Oulevay. «On a des classeurs remplis de correspondance avec l’AI. C’est compliqué. Il faudrait aussi modifier l’accès à la maison.» Budget à réunir: 100 000 francs. «Souvent, on me demande comment je fais pour affronter tout ça. Je crois que je ne me pose pas la question, Yanis est là, tout simplement, continue sa maman. Je travaille à 40% au Ministère public à Morges, c’est ma soupape pour reprendre de l’énergie car, souvent, c’est impossible de le laisser seul.»

Première rentrée en août

Blotti dans les bras de Maïque Perez, motivé à devenir le parrain officiel de Yani’Smile, le petit garçon esquisse des gestes d’impatience pour partir jouer dans le jardin avec lui et Timéa, sa sœur de 7 ans et demi. En fait, il n’aime pas que l’on parle de l’AI. «Je l’ai déjà entendu me dire: «C’est dur, la vie.» Il est hypersensible, il comprend tout ce qui se passe autour de lui. Il ne voit pas bien, mais il compense avec l’audition», explique sa maman. Courant juin, Yanis a séjourné une semaine au CHUV de Lausanne pour se faire poser une sonde, destinée à l’alimenter durant son sommeil. «Cela fait un an qu’il pèse 12 kilos. On aimerait bien que cela évolue.»

Comment voit-elle son avenir? «Cela se fait au jour le jour. La prochaine aventure, ce sera sa première rentrée scolaire en août, à Lausanne, dans l’institution La Cassagne. Au jardin d’enfants, sa première enseignante avait remarqué que dans son fauteuil roulant Yanis savait toujours s’y prendre pour que les autres viennent autour de lui.» Une qualité rare mise en mots par Voltaire en son temps: «La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l’âme.»

Créé: 30.07.2016, 11h43

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