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Dimanche 24 septembre 2017 | Dernière mise à jour 01:55
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Renforcer l’éducation pour endiguer la violence au Salvador

Les gangs contrôlent des quartiers entiers des principales villes du Salvador. Ces bandes profitent des perspectives d’avenir peu réjouissantes pour recruter des adolescents et les transformer en tueurs. Mais des ONG, comme la Fondation Pestalozzi, luttent contre ce phénomène.


Cet article a été créé par Commercial Publishing en collaboration avec la Fondation Pestalozzi.

Le Salvador en quelques chiffres

Population: 6,3 millions (FMI 2015)
Superficie: 21 041 km2
Espérance de vie: 73 ans
Taux d’alphabétisation: 85% (2014)
Taux de chômage: 7% (2016)
PIB: 26,7 milliards de dollars
Taux d’inflation: 0,6%
Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB: agriculture 19,6%, industrie 20,4%, services 60%

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Quand on pense au Salvador, le plus petit Etat d’Amérique centrale, on imagine la douceur de vivre, le farniente sur la plage et le sens de la fête qui caractérise les populations latino-américaines. La réalité est toutefois bien plus sombre. Avec ses voisins directs, le Guatemala et le Honduras, cette république bordée par l’Océan Pacifique fait partie des pays les plus dangereux du monde. En 2016, la violence de rue y a fait 5278 victimes. C’est certes un peu moins qu’en 2015 (6650 morts) quand l’ONU avait déclaré le Salvador «pays sans guerre le plus violent du monde», mais la situation y reste néanmoins très préoccupante.

Les principaux responsables de ce bain de sang sont les maras. Ces gangs actifs dans le trafic de drogue, le proxénétisme et le racket ont étendu leur pouvoir sur des pans entiers de la capitale San Salvador et des autres grandes cités du pays. Les deux plus grandes bandes, le MS-13 et le Barrio 18 se livrent une guerre sans merci pour garder la main sur leurs territoires. Et pour assurer la relève, ils n’hésitent pas à entraîner dans leur sillon des adolescents en mal de repères et de perspectives d’avenir. Le Salvador affichait, en effet, un taux de chômage de 7% en 2016. Comme souvent, les jeunes en sont les premières victimes.

Comment alors ne pas se laisser tenter par la vie de bandit, surtout quand les gangs proposent de meilleures rémunérations que la plupart des entreprises du pays? Dans un article du magazine allemand «Stern», un pasteur de la capitale expliquait : «Dans les rues, des enfants de 10 ans montent la garde. Ils reçoivent pour cela 10 euros par jour. C’est plus que leurs parents qui travaillent dans les plantations de café.» Et très vite, les nouvelles recrues passent de petite main à tueur de sang-froid. Zeus*, un ancien membre du Barrio 18, expliquait au même magazine qu’il avait 14 ans quand il a tué pour la première fois un jeune du même âge qu’il soupçonnait de faire partie du gang rival du MS-13. Pendant toute sa «carrière», Zeus a ôté la vie à 25 personnes. «Cela devenait toujours plus facile», a-t-il confié. Aujourd’hui repenti, l’homme a fait de la prison et coopère avec la justice, «car il veut être un bon père pour son fils.» L’empêchera-t-il de suivre son exemple? C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Autorités et police débordée

Le Salvador a été déchiré par une guerre civile sanglante entre 1980 et 1991. Depuis, le pays a retrouvé une certaine stabilité politique. Mais les moyens manquent pour lutter efficacement contre les maras, malgré la volonté affichée par le président élu en 2014 Salvador Sanchez Ceren, issu de l’ex-rébellion marxiste, de «déclarer la guerre» aux gangs. L’ONU est très présente dans le pays, via des programmes de développement économique et une aide active aux autorités politiques et judiciaires pour enrayer la spirale de la violence. Un programme conjoint avec le gouvernement salvadorien, baptisé «paix pour la génération post-conflit» a été lancé en août dernier. Tout reste donc encore à faire.

C’est pourquoi nombre d’ONG locales et internationales sont à pied d’œuvre années. Plusieurs d’entre elles participent notamment à la «réduction des causes sociales de la violence quotidienne» en «soutenant des conditions de travail décentes pour les jeunes.


Apprenez-en davantage sur le programme pour protéger les jeunes de la violence en cliquant sur ce lien: www.pestalozzi.ch


Partir ou apprendre

Pour sortir de la spirale de la violence, les solutions ne sont pas nombreuses. La première : l’exil. Nombre de familles et même de mineurs seuls tentent d’entrer aux Etats-Unis, via le Mexique. Entre octobre et novembre 2015, pas moins de 12000 familles ont été arrêtées à la frontière mexicano-américaine, la plupart au Texas. Dans la région du Rio Grande, plus de 6000 mineurs ont connu le même sort à la même période.

Reste alors l’alternative de la formation des jeunes. Au Salvador, les écoliers ne vont en classe que le matin. Livrés à eux-mêmes l’après-midi, ils deviennent alors des cibles de choix pour les maras. C’est pourquoi la Fondation Pestalozzi a mis en place des programmes d’occupation afin de les sortir de la rue. Environ 8000 écoliers de 10 à 18 ans participent à des ateliers de danse, de sport ou développent leurs connaissances en langues étrangères, l’anglais en particulier, ou en sciences. «Cela me plaît beaucoup d’y aller. J’apprends beaucoup et je m’amuse avec mes amies», raconte Rosa* ,13 ans, étudiante d’El Amate, dans l’est du pays. «Grâce à ces activités, je découvre de nouvelles choses. Par exemple, je sais maintenant comment fonctionne un muscle. Nous en avons même fabriqué un avec des éponges pour voir comment ça marche», se réjouit-elle.

Grâce à son programme, la Fondation Pestalozzi espère susciter des vocations et découvrir des talents. Elle agit aussi au niveau politique, afin d’améliorer les programmes scolaires. «Une de nos plus grandes avancées a été que les écoles incluent dans leurs programmes annuels des mesures d’améliorations de la qualité de l’enseignement», souligne un des animateurs, qui a souhaité garder l’anonymat. «Par ailleurs, nous notons des progrès dans d’autres domaines, comme la sensibilisation à l’égalité des sexes ou l’éducation sexuelle. Grâce à nous, les enseignants reçoivent des formations complémentaires et appliquent en classe ce qu’ils apprennent», conclut-il.

*Pour des raisons de sécurité, tous les prénoms ont été changés