L'Union des étudiants condamne les occupations

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ManifestationsL'Union des étudiants condamne les occupations

L'UNES désapprouve leur caractère antisémite et discriminatoire ainsi que les appels à la violence des manifestants.

Comm/M.P.
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Comm/M.P.
Des étudiants qui occupaient l'université de Genève.

Des étudiants qui occupaient l'université de Genève.

LAURENT GUIRAUD/TAMEDIA

L’Union des étudiants de Suisse (UNES), principale organisation de représentation étudiante du pays, condamne les occupations d'universités concernant le conflit israélo-palestinien. Elle dit «se distancier de toute revendication à caractère antisémite, islamophobe ou discriminatoire.» Elle précise toutefois que le droit de protester et de se réunir doit néanmoins être préservé et protégé.

«Les actions de protestation et les occupations dans les hautes écoles sont un moyen légitime et important d’exprimer son opinion. La limite de l’antisémitisme, de l’islamophobie et de la discrimination ne doit cependant jamais être franchie. Avec leurs revendications parfois discriminatoires et leurs appels à la violence, les mouvements étudiants actuels perdent toute légitimité», déclare Nadège Widmer, coprésidente de l’UNES.

Hautes écoles responsables de l’aggravation

«Nous tenons cependant les hautes écoles pour responsables de l’aggravation actuelle de la situation qui a conduit aux occupations », poursuit Widmer, qui dit qu'elles encouragent depuis le 7 octobre 2023, un climat de silence qui empêche tout discours constructif et ouvert.

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L’UNES ajoute constater une forte polarisation dans les médias, «qui évince le discours rationnel et la science empiriquement prouvée. L’implication émotionnelle empêche un débat constructif. Les hautes écoles doivent donc d’autant plus mettre à disposition de manière proactive des espaces pour des approches et des discussions scientifiques sur un conflit très complexe, au lieu de le censurer.»

Rejeter le boycott de collaboration scientifique

«Les hautes écoles sont un espace de débat politique. C’est pourquoi l’UNES demande que le droit à l’expression libre, mais non-discriminatoire, soit préservé. Mais cela signifie également que les demandes de boycott général de la collaboration scientifique, comme l’ont demandé certains occupants, doivent être rejetées. La liberté scientifique implique une diversité d’opinions basée sur des faits. Cette diversité d’opinions est également cultivée par les hautes écoles du monde entier, c’est pourquoi les demandes de boycott sont généralisantes et nuisibles au discours scientifique et non-discriminatoire.»

Les manifestants propalestiniens ont notamment demandé de cesser de collaborer avec certaines université israéliennes. «Aucune haute école ou groupe de chercheurs ne doit être exclu d’une collaboration pour des raisons politiques ou en raison de son origine ethnique ou religieuse », selon Nadège Widmer, co-présidente de l’UNES.

L’UNES appelle les étudiants protestataires à s’abstenir de tout slogan discriminatoire, antisémite ou islamophobe et à prendre en compte le débat demandé avec les directions des hautes écoles, lorsqu’il est proposé. «Nous incitons les étudiants à s’impliquer dans les associations d’étudiants locales avec leurs préoccupations.»

Renoncer aux plaintes pénales

L’UNES appelle en outre les hautes écoles à gérer les occupations de manière non-violente et à renoncer aux plaintes pénales. En outre, elles doivent proposer une discussion non-discriminatoire sur le conflit.

Nadège Widmer, coprésidente de l’UNES, souligne: «Il est essentiel que nos hautes écoles soient un lieu sûr pour tous les étudiants, quelle que soit leur origine ethnique ou religieuse. Nous devons nous opposer activement à toute forme de discrimination et créer un espace pour un discours constructif, basé sur des faits ».

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